Les décennies 2010 et 2020 ont été marquées par les nombreux retours de vétérans et autres pionniers du rap (les Compton’s Most Wanted, Rakim, Public Enemy, LL Cool J, De La Soul, Wu-Tang, Cypress Hill, Mobb Deep…). Au dernier trimestre 2019, à peu près au même moment où les Gang Starr ont sorti leur ultime opus One Of The Best Yet, les Black Moon, autre groupe hip-hop new-yorkais de référence, sont aussi revenus de très loin avec Rise Of Da Moon, leur quatrième album.
Petit devoir de mémoire au sujet de ce trio de l’ombre. En 1993 Buckshot, 5FT et le producteur DJ Evil Dee (des Beatminerz) sortaient le classique Enta Da Stage chez Nervous Records ; 1994 ouverture de la caserne Duck Down Records, puis les disques War Zone en 99 et Total Eclipse en 2003. 16 ans plus tard arrive ce 4e LP du trio underground de Brooklyn. On peut parler sans se tromper d’un come-back avec Rise of Da Moon. Et c’est toujours du rap pour les maraudes nocturnes, bien entamé par le single smooth et hood « Creep Wit Me » qui donne envie de marcher une nuit de pleine lune en pleine rue. Bien vu le sample de « Liquid Love » de Roy Ayers sur « Da Don Flow » qui montre l’étendue du côté obscur de Buckshot au mic. Et c’est toujours bien smooth.
Les membres du Boot Camp Smif-N-Wessun et Rockness sont évidemment présents (pas de couplet posthume de Sean Price par contre, dommage) et cette apparition de ce bon vieux, mais bien musclé, Method Man sur « Ease Back ». Buckshot et 5FT ont de bons restes, surtout Evil Dee. Sa technique passe l’usure du temps, cependant qu’on avance dans Rise of da Moon, on sent qu’ils ne se sont pas forcés à paraître plus modernes qu’ils ne le sont. Reste leur volonté, leur énergie, leur présence. « Time Flys », c’est le cas de le dire. Les Black Moon font ça pour le Hip Hop, c’est la beauté du geste compte.
LA NOTE : 14,5/20


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