Boogie « Everything’s For Sale » @@@@


À chaque décennie, la ville de Compton est le berceau de talentueux rappeurs ou producteurs à la renommée internationale. Dans les années 2010, on a assisté à la mise en orbite de Kendrick Lamar, catapulté par le maître Dr Dre, lui aussi né et élevé à Compton. Puis un peu plus tard au tour de YG qui, lui, bénéficie de la puissance de frappe de Def Jam. Pas plus tard que cet été, c’était au tour de Buddy de briller avec Harlan & Alondra. Les majors et labels se les arrachent ou placent ces individualités sur le grand échiquier du rap game. Le dernier entrant, Anthony Dixson alias Boogie, 29 ans, a trouvé refuge chez Shady Records. Il vient de sortir Everything’s For Sale et c’est l’album rap westcoast de l’Hiver.

Ce qui surprend en premier lieu avec « Tired/Reflection« , c’est la douceur. Boogie est un surnom qui, de là d’où il vient, s’associe avec ‘gangsta’. Il en est, de gangsta rappeur, de couleur rouge, mais sa musique gangsta rap aime se croiser avec du rhythm’n blues et du mumble rap dans des proportions équivalentes. Donc il chante, approximativement mais juste, avec un léger râle dans la voix comme sur le mélancolique « Silent Ride« . C’est rare des chansons comme celles-là, pour rider le plus calmement possible (à respecter les 80km/h quoi). Cette douceur, que l’on doit également aux deux producteurs Dart et Keyel, nous accompagne tout du long, notamment sur les deux paliers de « Skydive » (la seconde avec 6LACK en featuring), les soulfuls « No Warning » et « Lolsmh interlude« , jusqu’au downtempo « Time » et ses influences puisées chez Timbaland, titre ultime qui convie la chaleureuse Snoh Aalegra, la chanteuse qui vient du froid scandinave. Quand je disais que c’était un album pour l’Hiver…

La balance avec le rap se fait par alternance, avec des morceaux comme « Self Destruction » (un brin trapisé), « SoHo » avec J.I.D. qui parle des fausses amitiés ainsi que le nostalgique et bien laid-back « Live 95« . Son patron Eminem fait une apparition contractuelle sur « Rainy Days » (produit conjointement par S1, Streetrunner et notre Tarik Azzouz national) et ça fait terriblement tâche par rapport à l’ensemble. Pas que le couplet technico-technique de Marshall soit mauvais, au contraire il est terrible, mais c’est trop Kamikaze dans l’esprit et détonne avec l’esprit de ce premier album de Boogie. Dommage, heureusement que c’est là le seul gros défaut de Everything’s For Sale. Pour le reste, Eminem et son staff ne touchent absolument à rien et c’est très bien comme ça !

Cela va sans dire que Boogie possède la carrure d’une future valeur sûre, aussi grâce à son âge mur. C’est le genre de rappeur qui aurait pu finir chez TDE mais toutes les places sont prises là-bas. Everything’s For Sale est un album aux saveurs vraiment particulières et je dirai même inattendu de la part d’un gangsta-rappeur. Quelle douceur !

 

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