21 Savage « Issa Album » @@@


Et encoooore ce qu’on appelle un mumble rapper, et une vraie tête brûlée celui-là, y a qu’à voir sa tronche de mec nerveux prêt à tout défoncer à la moindre contrariété. Comme pas mal de ses congénères, ce sauvageon provient de ce grand vivier qu’est Atlanta, de Decatur pour être exact. Et comme les autres Lil Yachty ou Kodak Black, le voilà lancé, sans plus d’expérience que deux EP, dans le grand bain de l’industrie du disque avec ISSA Album.

Démarrage très classique avec des notes de piano de Zaytoven et une rythmique de Metro Boomin’, l’album de 21 Savage démarre avec « Famous » sous de bons auspices. Contrairement à ce qu’on pouvait s’imaginer, le flow de notre membre des Bloods n’est pas enragé, il possède une voix grave marmonnée sur le ton de la conversation, un calme apparent masquant son sang qui bouillonne intérieurement. Car, à écouter ses textes, qui parlent généralement d’argent, de nanas et des relations tendues entre mâles dominants, ce type est un survivant. Il a connu la faim, les règlements de comptes, les meurtres sous ses yeux, les armes jusqu’aux dents (en or), une éducation déplorable, bref un environnement extrêmement dur et violent où perdre la vie est simple comme bonjour.

Toujours est-il qu’avec cette sélection naturelle ultra-hard, le voilà aujourd’hui au premier plan avec un premier album en major (chez Epic). Et cela explique alors son tempérament hostile, macabre et qui profite des choses au max sans se poser de questions. Accessoirement porteur de propos quelques fois homophobes (« queer » et d’autres trucs que ne peuvent être cautionnés) et d’un gros zizi d’après le nombre de fois qu’il parle crûment de sexe.

21 Savage a de la chance d’être associé au producteur le plus en vue de 2017, le jeune Metro Boomin, faisant suite à leur EP commun Savage Mode l’an passé. Mais pas de trace de Sonny Digital avec qui il a démarré avec Free Guwop. En revanche, Jake One donne son petit grain de sel sur « Bad Business » et « Dead People« . Les prods demeurent efficaces et lancinantes comme elles peuvent être lassantes au bout de 2 minutes. Trap trap trap, comme dirait Rozay. Heureusement du bon son R&B actuel arrive sur « Thug Life » et « FaceTime » (co-produit par DJ Mustard), quelques douceurs au milieu d’un album relativement uniforme. Le jeune garçon d’Atlanta varie son flow quand il y pense et joue quand ça lui dit la carte de l’émotion (comme sur « Whole Lot« ), bien que l’autotune aide à tirer (un peu trop) sur la corde sensible. Et quand il ne sait pas trop quoi dire, il complète avec plein d’adlib (« 21« , « yeah yeah« , « woah« , wouhou), jusqu’à saturation sur le final « 7min freestyle« .

Mais il s’en sort pas si mal car il n’y a pratiquement aucun featuring. Je dis « pratiquement », car en scrutant les crédit on voit le nom de Jeffery Williams (c’est Young Thug hein) sur « Whole Lot« . Il aurait pu avoir Gucci Mane, les migos et d’autres noms très commerciaux, et personne. Comme pour Kodak Black, malgré ses gros défauts de jeunesse, j’ai envie de lui donner sa chance, j’assume. Il a un truc, mais je sais pas quoi encore, on verra sur les prochains albums, s’il ne se fait pas tirer dessus par 24 ou 25 Savage.

 

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