Frank Ocean « channel ORANGE » @@@@½


Au sein des Odd Future, Tyler balance sans cesse des insultes à caractère homophobe, Syd the Kyd est une jeune femme androgyne et Frank Ocean n’aime pas les femmes comme il aime les hommes. Il faut de tout pour faire un monde comme on dit. Vous n’avez pas halluciné : le chanteur Frank Ocean a avoué de ses propres mots sur son site avoir par le passé voué des sentiments avec un ami, peu avant la sortie de Channel Orange, son premier album officiel (Nostalgia, Ultra n’aura pas droit à de réédition). En plus d’avoir exprimé son mécontentement envers Def Jam, il aurait très pu signer la fin de sa carrière avec de telles déclarations, il y a dix ans. Les temps ont changé, la musique adoucit les moeurs, et la seule chose qui nous intéresse avec Frank est son individualité artistique, et en être subjugué.

Les plus geeks d’entre vous auront reconnu dans l’intro la petite musique de démarrage de la console Playstation. Autant commencer par ce qui paraît le plus anecdotique avant de se lancer sur son très bon single « Thinkin’ Bout You« . Les choses continuent de se dérouler à merveille. « Sweet Life« , composé par ce salopard de Pharrell Williams, possède cette température agréable qui peut réchauffer l’hiver comme rafraîchir l’été. Le message diffuse des ondes positives, « I don’t know why see the world when you’ve got the beach », une image pour dire que ça ne sert à rien de chercher le bonheur si on l’a déjà devant son nez. Frank est ce genre d’artiste génial qui peut nous passionner en chantant la débauche de la jeunesse  bourgeoise qui profite des sous de papa-mamans (« too many joyride in daddy’s Jaguar« ) sur le rythme nonchalant de « Super rich kids » (avec Earl Sweatshirt).

Tout le long de Channel Orange, on se surprend à chercher le double sens de ses paroles, s’imaginer ses métaphores, peser la force de ses mots, mesurer l’intelligence de son écriture. Et tenter de  saisir la psychologie de sa personne, des traces de sa sexualité ambiguë. On comprend mieux pourquoi bon nombre de chanteurs ont fait appel à sa plume exceptionnelle. La controverse et les sujets sensibles ne l’effraient pas non plus quand son âme s’exprime sur « Bad Religion« . Quitte à être un artiste incompris… La douceur des compositions atteint parfois l’ineffable (même « White » feat John Mayer et produit par Tyler the Creator), quand elle ne nous emmène pas dans un état de torpeur. Mais le rythme se relance toujours au bon moment (« Monk« ). Puis comment ne pas se sentir petit devant cette pièce qu’est « Pyramids » (neuf minutes s’il-vous-plaît). Le passage d’Andre 3000 qui rappe et nous fait un petit numéro de guitare à la Jimi Hendrix sur « Pink Matter » paraît relativement normal dans cet univers.

Frank Ocean est un poème. Sa voix et ses paroles sont troublantes. Moi qui m’attendais à un album d’émo-r&b cotonneux à mort… Ceci étant, après avoir passé un agréable moment en la compagnie du meilleur nouvel artiste r&b, ce n’est pas pour autant que je me suis à regarder Pink TV en tricotant un pull jacquard.

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