Mac Miller, un phénomène que personne n’a vu venir, ni pu prédire. Moi-même au départ j’avoue ne pas avoir trop cru en ce gamin d’à peine 19 ans. Un phénomène dans le rap game qui s’est manifesté par un fait rarissime : Blue Slide Park est la sortie indépendante s’est le plus vendue lors de son démarrage depuis 1995… en cumulant près de 160 000 copies écoulées. Sans l’appui promotionnel d’une major donc, mais aussi sans aucun producteur de renom, ni un seul featuring. Juste ce single « Donald Trump » qui a suscité un engouement inespéré. Respect. À côté de ça, les chiffres de ventes faramineux de TCIV de Lil Wayne paraissent petits face à ce modeste exploit, même les notes des critiques.
Malcolm McCormick, tel est le véritable nom de ce mecton à la tête d’ahuri tout droit venu de Pittsburgh. Derrière lui, personne, juste quelques apparitions par-ci par-là, le soutien d’un label indie, Rostrum Records, et quelques beatmakers compétents, comme l’équiple locale I.D. Labs (Wiz Khalifa), Clams Casino (Lil B, Soulja Boy) et Ritz Reynolds. Blue Slide Park est le nom du coin où il traînait souvent, situé à quelques pas de son lycées. Mac Miller n’est pas le genre de emcee à rendre sa vie plus extraordinaire qu’elle ne l’a été réellement. Il raconte en toute simplicité son vécu, ses galères et ses délires de post-adolescent fauché mordu de rap, avec un accent très prononcé qui rend son flow reconnaissable entre mille. À chaque thème qu’il développe correspond une ambiance musicale, comme l’amusant « Party on the 5th Ave » avec son influence old school, « Of The Soul » logiquement soulful, le scénique « My Team » ou encore la soirée arosée « Up All Night » sur fond de punk-rock.
Techniquement, le gamin s’en tire mieux qu’on l’imagine. D’abord, il n’y a aucun featuring et après des écoutes répétées, pourquoi en aurait-il besoin. Il se démerde bien par ses propres moyens. Dès « English Lane« , il prouve qu’il a toutes les qualités requises pour être un bon rappeur. On est pas à l’abri d’une punchline tombée de nulle part (« Under the lights we’re invading your cribs and fucking your wives« ). Il n’est pas non plus surdoué, sa marge de progression est encore large. La diversité musicale est un des points forts de l’album, on a droit aussi à des touches d’électro pointues (« Loitering » co-assisté par Young L de The Pack à la prod) et des tendances pop pas désagréables (« Man in the Hat« , « PA Nights« ,…) dont on se seraient un peu passé.
Certes, ses mixtapes et son EP On and On and Beyond étaient plus originaux par rapport à ce premier album diront certains, comme c’est souvent le cas, mais heureusement ce léger formatage n’a pas effleuré son univers, sa personnalité et son style uniques. Sans doute qu’une signature en major aurait trop édulcoré sa musique rap. Comme quoi, sa démarche culottée d’ignorer les propositions des labels s’est avérée payante. Ce qu’on retient de Blue Slide Park malgré tout, c’est le potentiel de Mac Miller. Ce mec n’est pas là par hasard, il apporte un truc neuf qui espérons-le continuera de se développer. Et le premier qui me sort qu’il vend beaucoup de disque « parce qu’il est blanc », je le pends par les coucougnettes.


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