Toute ma vie, j’ai rêvé d’aller au Japon. Tout petit déjà, à force de regarder des dessins animés japonais, j’étais inconsciemment devenu adepte de la culture nippone. Et ça ne s’est pas arrangé avec les années : des semaines passées sur la Super Nintendo, puis la PlayStation 1, 2 et 3, des milliers de pages de mangas dévorés, des centaines de sushis, sashimis ou okonomiyaki dévorés aussi, des rêves de rouler au volant d’une Nissan GT-R… Plus que les Etats-Unis ou l’Australie, c’est le pays du Soleil Levant qui m’a toujours attiré le plus, par son histoire, sa culture et son mode de vie. J’envie les gens y vivent, à la pointe de la mode, des gadgets électroniques et de la technologie. Et j’envie surtout Nicolay qui a eu l’opportunité de déambuler dans les rues de Tokyo et de se fondre dans la population de Shibuya, un des centres névralgiques de la mégapole. Pour raconter son expérience en musique dans les rues tokoïtes, il sort City Lights vol.2 chez Foreign Exchange Music. Bluffant : il suffit de fermer les yeux se matérialiser dans la capitale japonaise !

Ce producteur hollandais émigré aux US prouve une nouvelle fois son immense talent de compositeur multi-instrumentiste, capable de sortir des sentiers Soul Hop pour s’intégrer dans la mouvance electronica lounge. Nicolay a su retranscrire sa vision des avenues illuminées de Shibuya (voir illustration). Chaque note de synthé signale une enseigne lumineuse et le tempo décrit le rythme de vie des gens là-bas, de la fourmilière qui grouille dans les stations de métro aux nuits branchées avec de la bonne house music (« Saturday Night » avec Carlitta Durand). De « Rain In Ueno Park » transitant en fondu sur « Satellite » puis après sur « Meiji Shrine » ou encore « Bullet Train », les mélodies et les sonorités typiques s’ancrent complètement dans le style nippon contemporain, simples et sobres. Nicolay n’use d’aucun sample et ne tombe pas dans les clichés japonais folkloriques. Ce n’est pas comme Madlib lorsqu’il sample de la musique traditionnelle, ce second volume de City Lights se vent urbain, moderne et par dessous tout dépaysant. Le sentiment le plus extraordinaire que me procure cet album, c’est l’excitation de vivre cette expérience comme si j’étais réellement un ‘gaijin’ déambulant de l’autre côté de la planète.
La chanteuse Carlitta Durand accompagne quatre trajets clefs de ce CD, de l’arrivée (« Lose Your Way ») à l’épilogue en passant par le dancefloor « Saturday Night » et « Wake Up In Another Life ». Chacune de ces chansons sont écrites par Phonte Coleman, co-producteur éxecutif de City Lights vol.2. En attendant de connaître la prochaine destination de Nicolay, je ne peux m’empêcher de rêvasser en écoutant cet album.

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