Comme vous le savez bien, Robin Thicke est d’un naturel chic et décontracté. Ce séducteur malgré lui, puisque marié et fidèle à sa femme tellement elle est mannequin tellement elle est belle, livre son tout nouvel album solo pour réchauffer notre mois d’Automne, il s’appelle Something Else et c’est sorti chez Star Trak, le label des Neptunes. Néanmoins, comme pour mieux affirmer son indépendance stylistique, Robin n’a pas souhaité cette fois partager sa place de musicien et chanteur avec le golden boy célibataire Pharrell, mais avec une nouvelle tête du surnom de Pro J. Je me demandais un peu comment Robin allait tenter de nous emballer – musicalement je sous-entends – une seconde fois, s’il allait continuer sur les traces de son premier album ou changer sa technique d’accroche. En fait, tout est dit sur le titre de cet opus, Something Else, Robin se la joue pragmatique et nous sert quelque chose de différent, plutôt qu’essayer de faire mieux qu’avant. C’est moins risqué pour négocier un virage et permet de s’ouvrir sur d’autres horizons.
Un virage négocié en douceur dans la courbe de « You’re My Baby », qui réaliste la transition avec son précédent volet, The Evolution of Robin Thicke. On retrouve le bellâtre et sa charmante voix montant dans les aigus, de la guitare sèche, du piano,… Mister Thicke nous emmène d’abord en terrain connu pour ensuite arpenter une tournure plus Soul que d’habitude, suggérée par une ambiance 70s, ce qui le rend plus intéressant, plus attirant encore. Allez voir, « Sidestep » possède ce côté légèrement virevoltant et fiévreux du groove à l’ancienne, le premier extrait « Magic » (ainsi que son double « Magic Touch » en duo avec Mary J Blige) évoque presque frauduleusement « Move On Up » de Curtis Mayfield, le très agréable « Ms Harmony » est chargé de fines influences de la Motown, de même que le slow-jam « Sweetest Love »… En arrivant sur « Something Else », cette chanson diablement funky enfonce le clou définitivement. C’est comme si Robin Thicke voulait prouver qu’il n’était pas qu’un simple crooner de ces dames bon pour faire du piano-bar, il montre qu’il a la Soul dans le sang, qu’il a hérité de cette culture bien que sa couleur de peau ne lui en prêtait guère. Et puis « Hard On My Love » avec ses furieux coups de batterie et ces saxophones qui semblent sortir du studio de Mark Ronson, ou alors le scénique « Shadow of the Doubt » sur lequel il efface l’ombre du moindre doute sur sa filiation musicale en nous entraînant dans les tourbillons des pas de danse de James Brown… ça n’arrête pas et on en réclame davantage.
Les ballades sont de toute évidence au rendez-vous. Vous imaginez franchement un rancard amoureux sans balade romantique ? « Loverman », « Cry No More », « Dreamworld » et « Tie My Hands » (qui réitère la collaboration avec Lil Wayne comme sur The Carter III) sauront produire les effets escomptés, avec de belles mélodies acoustiques et de belles paroles à la fois enflammées et rassurantes. Quel beau salaud ce chic type, il a tout pour plaire. Chapeau bas Robin !

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