Janet Jackson « Discipline » @@@@


Le 20e anniversaire de l’immense carrière de Janet Jackson en 2006 s’est soldé par le flop consternant de 20 Y.O. (pour ’20 years old’). Moi-même j’ai complètement zappé cet album, j’en suis resté à Damita Jo qui m’avait laissé sur un ravissant souvenir en 2004. À qui la faute, à des chroniques salissantes ou une publicité peu retentissante ? Peut-être les deux. Miss Jackson annonce alors son départ par la petite porte de sa maison de disque Virgin Records, ainsi que son patron chéri, responsable à l’époque de la branche urbaine de Virgin, Jermaine Dupri. Motif de son éviction le concernant : manque de résultats probants (‘incompétence’ ai-je lu entre les lignes). S’ensuit pour ce couple un jeu des chaises musicales qui les ont menés main dans la main chez Island Urban, le label jumeau de Def Jam (avec qui ils forment Island Def Jam Music Group). JD reste le boss et le producteur, JJ l’artiste et la muse, la hiérarchie demeure entre eux du point de vue musical et il s’est instauré dans leur relation de la Discipline, le titre de son 10e album.

 

Ce changement d’organisation et de méthode de travail a eu des répercussions sensibles sur la production. À ma grande stupeur, Janet Jackson s’est séparée de son duo de producteurs fétiches, Jimmy Jam & Terry Lewis, avec qui elle avait naguère confectionné ses plus grands tubes, des chansons inoubliables qui ont fait d’elle la reine de la pop/r&b. Pour Discipline, son choix s’est porté vers une autre équipe gagnante, certainement pas la paire Timberlake/Timbaland qui règne en maître dans les playlists, mais les norvégiens Stargate et le chanteur/auteur/compositeur Ne-Yo à la co-écriture de plusieurs titres, et la pointure qui a changé les règles du rhythm’n blues, Rodney ‘the R&B killer’ Jerkins des Darkchild. Immanquablement, Jermaine Dupri pose son droit de regard et quelques instrus pour sa dulcinée. Et ça a marché, « Feedback » m’a tapé dans l’œil, m’a rassuré et m’a donné envie de jeter mes deux oreilles sur ce nouveau disque. J’ai retrouvé Janet Jackson grâce ce single avant-gardiste et sexy, sexy, sexy, qui sonne un chouilla comme le « SexyBack » de Justin Timberlake, le responsable de sa débâcle depuis le scandale du téton piercé qui a choqué l’Amérique puritaine, des images qui avaient fait le tour du monde.

Confirmation de mon impression avec « LUV », qui mélange subtilement r&b contemporain avec un soupçon d’électro-pop sans obligatoirement tomber dans du plagiat de dance européenne où s’y sont embourbées jusqu’aux genoux Beyonce et Rihanna. Le futuriste « Rollercoaster » nous entraîne dans les tourbillons de l’amour et ses sensations vertigineuses, des métaphores courantes pour décrire ces montées d’adrénaline et les cœurs qui battent la chamade. Le morceau house ultramoderne « Rock With U » possède au  moins une chose en commun avec le classique de son grand frère Michael Jackson (extrait de Off The Wall) – en plus du titre et de sa technique vocale sur certains morceaux de Discipline -, c’est ce groove incomparable qui illumine l’ambiance en soirée, et qui se prolonge jusqu’à « 2Nite ». Place ensuite aux ballades empreintes de sensualité (« Can’t B Good », « Greatest X »)  avant de revenir sur les dancefloors branchés avec « So Much Betta » (et son refrain à la « Touch It » de Busta Rhymes) et du old school jack « The 1 » en compagnie de sa super copine Missy Elliott.  Une fois passé les courts passages de science-fiction (les interludes avec les voix digitalisées) qui entrecoupent l’album sans dérangement, Janet Jackson dévoile sur sa pièce maîtresse, « Discipline », sa nouvelle pratique relationelle. Elle y raconte comment s’infliger une souffrance psychologique punitive durant l’acte. La preuve qu’on peut marier l’érotisme et la pénitence, on pourrait appeler ça du masochisme psycho-sexuel. Drôle de façon de faire l’amour.

 

Avant que le rideau ne tombe, je persiste et signe en disant que ce nouvel album avait les atouts pour permettre à Janet de faire un come-back du tonnerre. Avec 20 Y.O., elle avait loupé le wagon pop/r&b, or ici elle arrive avec un train d’avance, mais la promo n’a pas suivi cette fois et du coup, de courts arrêts aux stations radios ou télés. Son nouveau label a-t-il préféré tout miser sur l’album de sa collègue de label et concurrente de poids Mariah Carey ?

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