Black Milk « Popular Demand » @@@@


Pur produit de la scène hip-hop de Detroit, Black Milk a obtenu une notoriété conséquente au fil de ses rapports avec les Slum Village et les divers autres MCs de Motor City qui lui a valu d’être considéré comme le successeur émérite de J Dilla. Évoluant depuis 2005 au sein des BR Gunna, qu’il forme avec Young RJ, ce jeune talent de la MPC et MC pendant ses heures sup’ se révèle localement en solo sur la mixtape Sounds of the City vol.1 et sur l’album éponyme des Slum V. Il signe ensuite en 2006 chez le petit indépendant Fat Beats, où il sort à l’automne son EP Broken Wax qui fera bien parler de lui. Son nom commence à circuler dans le milieu, au point qu’il devient sollicité par des acteurs majeurs de la scène rap tels que Lloyd Banks et Pharoahe Monch pour ne citer qu’eux. Ce premier LP Popular Demand est – comme son nom l’indique – l’œuvre de l’offre et de la demande de ses supporters qui ne lui demandaient qu’à montrer l’étendu de ses capacités. Prometteur. 

 

« Popular Demand » fait justement le lien avec le style de prod de Jay Dee, mais le passage de témoin s’arrête là. Black Milk tient à faire ses preuves en imposant un style, le sien, bien que l’on retrouve quelques fines influences de Dilla sur d’autres de ses beats (par exemple « So Gone », « I’m Out » et « Three + Sum »). Bien entendu, le rap n’est pas trop la spécialité, son flow est plus que correct et ses lyrics n’ont rien de bien extra. Ce sont des point qu’on pourrait lui conseiller d’améliorer s’il veut peut-être être complet dans toutes les disciplines. Mais au lieu de le reprocher sur des points qui ne concernent pas son identité musicale, il vaut mieux se concentrer sur ses prods, parfois soulful comme sur « U » feat Ty & Kory », « Say Something » feat Nametag, l’interlude « Lovin’ It » et « I’m Out », jusqu’à friser les sommets grâce au dantesque « Action », intégrant la reformation complète des Slum Village, la trinité T3/Elzhi/Baatin.  Pendant que l’on se familiarise avec son type d’instru (avec un drumkit spécifique et une utilisation de samples que l’on finira par reconnaître à l’oreille à force d’écoutes assidues), on a le droit aux participations de Guilty Simpson (sur le maxi « Sound The Alarm »), Phat Kat (« Lookatusnow »), son homeboy Fat Ray (« Watch’Em ») et One Be Lo (sur le titre final « Take It There ») pour lui chiper le micro et relever le niveau par la même occasion. 

 

Que les choses soient bien claires dans vos têtes, Black Milk n’est pas le « new Jay Dee », c’est ce qu’il montre avec Popular Demand, qu’il n’est pas là pour combler le vide (immense) laissé par la perte de son défunt modèle, mais pour suivre sa propre voie. Nous n’attendons que de voir son épanouissement musical et son influence dans le développement de la scène de Detroit, aux côtés des Slum Village, Mr Porter, Guilty Simpson et compagnie. Il dépasse déjà là son statut de simple rookie et possède un potentiel exploitable, qui lui permettrait bientôt de marquer les esprits définitivement. Du moins, on espère qu’il a les épaules pour, à lui de le prouver prochainement. 

 

(chronique écrite le 10 Aout 2008 )

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