The Roots « Illadelph Halflife » @@@@@


Vous en voulez encore plus?!!??! C’est chose faite. Cette fois les The Roots passent la troisième avec ‘Illadelph Halflife‘ : Black Thought  élève le niveau de son art lyrical, Hub pose de grosses basses plus prononcées, ?uestlove impressionne par la construction de ses beats et les saxophones ont fait place aux mélodies de pianos de Scott Storch. Les vibes jazzys ont alors fait place à un hip hop sérieux, sombre et inquiétant. Une sensation de tension limite ténébreuse qui prédomine la première partie de ‘Illadelph‘ de « Respond/React » a « Push Up Ya Lighter » (avec l’impressionnante Bahamadia) : les basses nous plongent dans les profondeurs des graves, les textes possèdent autant de noirceur que la conscience et l’encre de notre MC, et les beats sont plus martelés de grosses caisses.


Schématiquement, la structure de cet album suit à peu de choses près semblable à celle de ‘Do You Want More?‘. Voici un aperçu des divers points communs. Les premiers morceaux immergent l’auditeur dans l’ambiance qui règne à bord (c’était jazz-rap live pour Do You Want More et là le côté obscur de Philadelphie) pour atteindre la pièce maîtresse en milieu d’album, ici l’épique « Concerto of the Desperado« . Mais avant, il y a la partie d’improvisation entre la batterie menée par la baguette de ?uestlove et le scratch balbutié par Rahzel, avec le second round entre « ? vs Scratch« . Puis après avoir replongé dans d’autres chansons représentatives de la tonalité générale de l’album (spécialement « No Alibi » et « UNIverse at war« ), impossible de ne pas adorer le (nu-)soulful « The Hypnotic« , qui comme son nom l’indique, hypnotise via notre sens auditif grâce aux claviers et à la voix balladeuse de D’Angelo. La conclusion (« The Adventures In Wonderland« ) est une nouvelle fois laissée à notre conteuse Ursula Rucker, racontant l’histoire de la vie en proses crues et réalistes qui contrastent avec la douce composition de notre orchestre.

Illadelph Halflife‘ est au top niveau en tout point, on l’a déjà vu au niveau de l’atmosphère musicale. Lyricalement, Black Thought place la barre très haut. Le superbe « What They Do« , sur fond  de jazz/soul satiné signé Raphael Saadiq (au refrain et à la guitare), démantèle les méfaits de l’industrie du disque sur les artistes rappeurs et les clichés matérialistes qui encombrent notre vision des choses dans les clips. Justement, le clip de cette chanson explique plus en détail en jouant sur de l’autodérision. Seuls quelques MCs peuvent se mesurer à lui, à commencer par Dice Raw (aka The Corner Store Terrorist) sur « Clones » grâce à des rimes débitées à train d’enfer grâce à un flow hardcore. Ensuite, il y a Common Sense qui renvoie la balle à Black Thought pour un attentat verbal (« UNIverses At War« ), et il faut compter sur la présence de Q-Tip qui n’a rien d’un hasard non plus (« Ital« ). Des collaborations qui ont permis aux The Roots de se lancer dans le mouvement Soulquarian. Parmi les autres collaborations de marque : Cassandra Wilson et le jazzman Joshua Redman sur « One Shine« .

Cet opus nous présente le côté obscur du groupe de Philladelphie, et s’inscrit avec ‘Do You Want More?‘ (et surtout l’album qui suivra trois ans plus tard) parmi les classiques Hip Hop du siècle dernier. Toujours avec des instrumentaux « faits main », ‘Illadelph Halflife‘ des Roots se présente pour certains comme leur meilleur chef d’oeuvre à ce jour. En tout cas, c’en est un de chef d’oeuvre.

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