L’an 2000 a vu l’incroyable tsunami Dirty South. Plein d’artistes déjà bien basés en faisaient partie (les Outkast, Goodie Mob, les cliques Cash Money et No Limit,…), d’autres sortis de nulle part perçaient quasi du jour au lendemain, comme Ludacris, Petey Pablo et j’en passe…
C’était également le cas de Nelly qui avait mis la ville de St Louis sur la map avec son Country Grammar, un succès national devenu six fois platine un an après sa sortie. Il avait des petits trucs en plus, comme ce sparadrap sur la joue (parce qu’il ne sait pas se raser?). Son single « Ride Wit Me » a même eu droit à des rotations radios chez nous. Le rappeur passe donc le virage du 2e album en passant direct à la 5e vitesse avec Nellyville.
Tout de suite le morceau-titre « Nellyville » nous met dans le bain pour nous refamiliariser avec son rap chanté, ses mélodies bluesy et ici des lyrics emprunts d’une certaine naïveté et idéalisme. Mais clairement il était devenu le maire de sa ville du Missouri. Comme pour son premier skeud, l’humoriste afro-américain Cedric the Entertainer apparaît sur quelques skits, ainsi que ses potes de son crew de St Lunatics qu’on peut entendre sur « Dem Boyz » ou son extrait publicitaire « Air Force Ones ». C’était pas la canicule l’été 2002 mais il a fait super chaud grâce aux hitmakers The Neptunes qui ont signé « Beautiful » de Snoop Dogg et puis ce single incendiaire « Hot in herre » (avec les backs de Vanessa Marquez). Son producteur-maison attitré Jay E est toujours de la partie et produit la moitié de l’album. C’est vraiment lui qui a donné la signature ‘country rap’ à Nelly, il signe pas mal de très bons instrus dont « Slurge » et « Pimp Juice » dans un style bluesy à la UGK.
C’est ce type de son auquel on a droit quand on s’éloigne du paquet de singles de Nellyville. Tiens le fameux « Work It » avec Justin Timberlake et dont le clip a été tourné dans la résidence de Hugh Efner (le boss de Playboy) est signé Jay E aussi. On zappe sans scrupule « CG2 » (suite carrément inutile de « Country Grammar ») pour s’attarder sur « Roc The Mic ». C’est un remix du track des rappeurs de Philly Beanie Sigel et Freeway signé Just Blaze, un son bien Roc-A-Fella. L’autre single célèbre est évidemment « Dilemma » avec Kelly Rowland (des Destiny’s Child précisait-on à l’époque), dont encore aujourd’hui personne ne s’est remis du passage où la chanteuse envoie un SMS avec un tableur Excel (si si à 3min16)… OOOWW. Ah j’oubliais aussi … Un détail assez drôle, le nom du producteur de « Dilemma » c’est… Bowser.
Bon, fff, Nellyvile est quand même un album très long : presque 80min, un CD rempli à ras-bord. Faut s’armer de patience mais malgré une image de superstar qui attire la jalousie et pas mal de détracteurs, ce 2e album multi-platine bien mainstream de Nelly a pas mal de mérite. Il était le #1 du Sud. En plus de bien tenir la route, Nellyville vieillit pas si mal et s’est totalement implanté à l’international : platine au Japon, Suisse, Angleterre, Australie et Canada. Et St Louis fut renommé Nellyville.
LA NOTE : 14/20


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