Disposable Arts est le classique de Masta Ace avant son classique A Long Hot Summer paru en 2004, que j’avais découvert et chroniqué sur Rap2K back in the days. Mais je savais déjà que MC de Brooklyn était un membre du légendaire Juice Crew chapeauté par Marley Marl dans les années 80. Alors j’ai fait le processus inverse pour connaître sa disco, un peu dans le désordre, à commencer par son single le plus connu « Sittin on Chrome » paru en 1995. Puis il y a eu une période de silence avant de sortir Disposable Arts en 2001.
Disposable Arts avait déjà une grosse notoriété chez les spécialistes rap, quelques-uns parlaient déjà aussi d’un classique pour celui-là, même si moins bien connu. Ben c’est qu’on s’y trompe pas sur la marchandise. 24 pistes, 1h13 de son, et rien à jeter, pas même un petit interlude puisqu’ils participent au narratif de l’album. Comme pour A Long Hot Summer, on « écoute et on ferme sa gueule » comme je l’avais écrit à l’époque. Tout est fait méticuleusement : écriture, flow et instrus idoines. Et 0 single. Tout en indépendant.
Quelques notes : Sur « Dont Understand », Ace rime « I don’t do White music, I don’t do Black music, I make rap music, for hip hop kids » en référence à Eminem (« Never Knew » sur Marshall Mathers LP), en plus de faire une accolade au sud (« Sippin some sizzurp », clin d’oeil aux Three 6). Qui a dit que les rappeurs Eastcoast étaient sectaires? Parmi les guests, de belles surprises comme les rappeurs westcoast le vétéran King T et J-Ro des Alkaholiks sur « PTA ». L’album met les spots aussi sur la jeune emcee Jean Grae, mais il y a chez les rappeuses aussi Jane Doe et Rah Digga en feat, ouaip les femmes en force! On reconnaît aussi la prod d’Ayatollah (« Hold U »), assez proche de « Ms Fat Bootie » évidemment mais il faut dire qu’on est face à une boîte de chocolats : difficile de choisir quel est son instru préféré tellement ils sont… rhaaaa (« Block Episode » <3).
C’est marrant de réaliser aussi que Masta Ace était un brin hardcore à cette période là, il faisait moins sage mais tout à fait capable à la fois de parler de vie dans la rue et de critiquer le rap bizness. Toujours est-il qu’en redécouvrant Disposable Arts, on se rappelle à quel point Masta Ace est un MC généreux et trop sous-côté. Il confectionne des colliers de perle depuis day 1, qu’on se le dise.
LA NOTE : 18/20


Postez vos avis!