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J-Live « The Best Part » @@@@½


Vous connaissez pas The Best Part de J-Live? C’est un des meilleurs putain d’albums hip hop de l’an 2001 ! Alors on va parler de monsieur Jean-Jacques Cadet, professeur d’anglais qui enseignait aux élèves de Brooklyn le jour, caquette de MC répondant au nom de J-Live la nuit. The Best Part est son premier album, unanimement salué par la critique en 2001.

Un album qui a tout de même mis cinq ans à paraître. Les premiers enregistrements ont débuté en 1996, rendez-vous compte, et il a dû changer 2-3 fois de labels avant de voir paraître ce brillant album. Comme quoi il ne faut jamais baisser les bras. Surtout vu le brillant résultat…! Le type est un vrai surdoué multi-tâche : producteur, DJ (il fait ses propres scratches) et MC extraordinaire qui a su convaincre les grands pontes DJ Premier et Pete Rock de bosser pour lui, mais aussi Grap Luva (pote de Pete Rock), 88Keys, DJ Spinna… Et aussi Prince Paul ! Ce dernier produit le désenchanté « Wax Paper », où J-Live démarre par son texte par « start from scratch », à juste titre, car il est accompagné de vinyles triturés avec dextérité. Le rappeur est un vrai jongleur de rime, très intelligent et au final divertissant comme sur « Yes ».

Le meilleur exercice de style est sans doute « Them That’s Not » avec le flow qui accélère au début et ralentit jusqu’à l’arrêt à la fin de la dernière strophe. C’est vraiment jouissif et original, surtout sur ce sample jazzy. On devine en une microseconde la prod de Preemo pour « The Best Part » (à juste titre aussi), où le producteur légendaire a dégoté un sample de flûte de je-ne-sais-où. C’est là qu’on se rend compte que J-Live peut s’assoir à côté des Mos Def, Black Thought et Talib Kweli. Pourquoi? C’est tellement évident : parce que c’est aussi un putain de bon lyriciste, qu’il dit des choses très censées et qu’il est fort pour raconter des histoires aussi. Bref, la perle rare.

Le DJing est presque omniprésent sur cet album et c’est tant mieux, les scratches sont savamment dosés comme sur « Braggin ». Tout est cohérent, solide, même le sample latino de « Don’t Play » est très bien intégré et fignolé. C’est pas du taf d’amateur, c’est du pur artisanat. Bon si vous ne l’avez pas encore écouté, ce n’est heureusement pas trop tard, vous regretterez juste de ne l’avoir jamais écouté plus tôt. Le morceau « Timeless » ne peut que donner raison à J-Live.

LA NOTE : 18.5/20

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