La First Lady des Ruff Ryders avait sorti un premier album en 99 passé sous les radars en Europe malgré de bonnes critiques et l’instoppable Swizz Beatz à la prod. La rappeuse se faisait aussi les crocs lors d’une tournée commune avec la clique de Cash Money Records. Alors revoici Eve (prononcez E-V-E en anglais) avec Scorpion, passant de la teinte de cheveux platine au rouge.
Il faudra attendre le troisième millénaire pour qu’elle envahisse l’Europe avec trois singles issus de Scorpion, son album dit ‘sophomore’ (façon de dire « second essai » aux US). Ouh mes chauds souvenirs de l’été 2001 au bord de la côte Atlantique, les hormones en feu… Dans l’ordre, ça a été d’abord la fiesta sur MTV avec « Who’s That Girl » (clin d’oeil à Madonna) avec une promo en fanfare, un peu comme les cuivres latino du morceau qui réveilleraient un mort. Puis elle a sorti direct la carte Joker avec « Let Me Blow Ya Mind » sur une production ultra-efficace de Dr Dre qui fut son premier mentor (Eve a réalisé une courte pige chez Aftermath en 98), avec Gwen Stefani des No Doubt au refrain. BAM LE TUBE. Aujourd’hui -la chronique est republiée en 2025- cet instru est utilisé pour la campagne de pub de l’opérateur Orange. Et c’est pas fini attendez, Swizz Beatz a prévu le super banger « Got What You Need » pour secouer les clubs, ambiance folie dans le carré VIP. En résumé, avant même d’avoir mis entièrement le nez entièrement dedans, Scorpion est un disque très mainstream, on le sait.
Dr Dre avait aussi glissé une prod trop banale pour « That’s What It Is ». Un track ambiance reggae avec les frèrots Damian et Stephan Marley était gardé sous le coude au cas où comme prochain single (« No, No, No » qui n’est jamais sorti), ainsi qu’un autre hymne de rue avec DMX (RIP) « Scream Double R ». A côté des X, Lox et Drag-on de la clique des Ruff Ryders, la gente féminine est bien représentée avec Trina et Da Brat sur « Gangsta Bitches », feue la chanteuse Teena Marie et Mashonda (qui était la meuf à Swizzy). Et la popstar Gwen Stefani évidemment. Elle a même invité son petit copain à la prod, Stevie J.
La question de savoir si le disque a bien vieilli est tout autre, disons qu’à l’époque ça passait pas mal du tout, et en parlant de disque, Scorpion a été réédité en double-vinyle couleur. Une chose est sûre, grâce à cet album et son élégance street, Eve s’est vue offrir un pass pas que dans le cercle fermé des rappeuses iconiques mais aussi dans la mode, le petit et grand écran. Ah j’oubliais, pour info, mon son préféré c’est sûrement « You Ain’t Gettin’ None » produit par Dame Grease (le mentor de Swizz Beatz). Je l’ai trop saigné à l’époque en vacances.
LA NOTE : 14,5/20


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