Ce duo emblématique de Brownsville n’est plus tout jeune, qu’importe, Tek et Steele sont toujours là en 2025 malgré les décennies qui passent. Car dès qu’ils approchent le micro de leur bouche, l’âge n’a plus d’importance, leur volonté de briller est intacte depuis leur classique Dah Shinin’. Certains flingues sont fait d’acier inoxydable, eux c’est pareil. Jamais enrayés, il suffit de nouvelles cartouches pour que les balles pleuvent. Après le très bon The All en 2019 produit par 9th Wonder et The Soul Council, les Smif-N-Wessun ont renouvelé leur collaboration pour leur 7e album Infinity pour démarrer l’année 2025.
Pour être franc, quand il est stipulé ‘9th Wonder and The Soul Council’, c’est surtout l’excellent Khrysis qui fait le taf la moitié du temps, 9th Wonder se contentant de deux instrus, gardant pour lui ce magnifique sample de « I Want You » de Marvin Gaye sur « Enjoy Ya Life ». Un bon point si vous avez reconnu les Jodeci sur « Just Stay » avec Conway the Machine. Comme pour leur précédent opus, le choix des samples, c’est menu gourmet. Quoi que, pas mal de douceurs sont au programme, ce qui tranche avec la dureté du tandem qui fête leur 30 ans de carrière avec leurs cheveux blancs. « Shine » est assurément le titre qui les représente le mieux, et pas seulement parce que c’est leur leitmotiv depuis leurs tout débuts.
Que c’est bon d’avoir du gros son dans les oreilles tout de même. Les basses ronflantes de « Medina » (que j’ai cru d’abord produit par Nottz) avec son refrain à base de voix d’enfants est ultra-efficace, au point que l’invité Pharoahe Monch doit sortir l’artillerie lourde d’expert lyrical. Dans un style un tantinet cartoonesque, « Elephant In The Room » va déboîter des nuques au point plus facilement qu’un ostéopathe, tellement c’est redoutable d’efficacité. Dans une humeur différente, « Beautiful Trip » semble désenchanté. Peu importe le terrain, Tek et Steele ont toujours cette habitude spécifique de se passer le micro en cours de couplet, ce qu’aucun autre duo n’est capable de faire, surtout que leur jeu est trop bien huilé désormais. L’expérience qui s’exprime.
Parmi les quelques featurings triés sur le volet, outre leur patron Buckshot répondant présent sur « On My Soul », des couplets posthumes de leur ami soldat Sean Price (« Heard About Me ») et Prodigy (« Black Eminence »). Un salut à eux deux là-haut. L’impression de jouer deux jokers tirés de la manche. De leur côté, aussi longtemps qu’ils auront du souffle, pas de doutes que les Smif-N-Wessun iront aussi loin que leur lumière puisse aller, sans perdre leur authenticité.
LA NOTE : 16,5/20


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