Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Royce Da 5’9 « Rock City » @@@¼


Après avoir mis la lumière sur sa bande des D-12, Eminem met le projo sur son vieux pote Royce Da 5’9 en étant prodo exécutif de son premier LP Rock City en 2002, mais pas chez Shady Records. Mais revenons encore un peu en arrière, avec ma première rencontre – et peut-être la tienne – avec Royce Da 5’9 (Royce comme la Rolls, 5’9 pour sa… taille). Cela a été grâce à ce jeu vidéo culte qu’était Grand Theft Auto 3 sur PS2, dans une des FM du jeu. Le titre c’était « We Live (Danger) ». Quel souvenir!

Encore avant ça, c’était un ami d’Eminem, quand il n’était un blanc-bec faisant son trou dans les battles de Detroit et avec qui il formait le duo Bad Meets Evil. Il est même ghostwriter sur Chronic 2001 de Dr Dre en 99, la même année où sort « Boom » produit par DJ Premier. Oui cet album a connu une gestation de 3 années ! Et les choses ont seulement démarré pour de bon avec l’extrait éponyme « Rock City » avec Eminem, parce que il a Eminem dessus (produit par Red Spyda) et qu’il fallait ça pour rassurer les investisseurs (alors qu’il lâche 0 couplet). Par contre, et c’est étonnant pour un rappeur représentant Detroit aka Motor City en 2002 : zéro prod d’Eminem. Encore moins de J Dilla, qui était pourtant productif et pas loin hein. Au bon souvenir de « Let’s Grow » sur Lyricist Lounge 2. Bizarrement, c’est un peu la foire aux producteurs comme on va le voir…

Ce qui est assez étonnant est de retrouver des prods équivoques des Neptunes comme des Trackmasters en fin de course, mais toujours avec un peu de mojo sur l’extrait dansant « U Can’t Touch Me ». Une plume saignante de cette trempe sur un instru mainstream? Moui. On peut apprécier aussi l’autre collaboration avec DJ Premier sur « My Friends » à condition d’aller direct à la fin de l’album, dont on a du mal à cerner les contours et qui laisse une impression globalement mitigée.

Comme ça se faisait au début des années 2000 pour certains albums, ils ont sorti une « V2 » du LP (Cf la pochette N&B) avec une tracklist modifiée, dans laquelle « We Live », « D-Elite pt2 » (produite par Alchemist), 2 des meilleures tracks n’y apparaissent plus. Incompréhensible ! La prod pas géniale des Neptunes « She’s The One » est remplacée par « Mr Baller » avec les Clipse et Pharrell, l’assez bon « Getcha Paper » est juste renommé « Off Parole ». Ajout de la track finale qui s’intitule « King of Kings », dont l’effet est du niveau lance-pierre plutôt que lance-flamme.

C’est sur cette version 2.0 qu’on va en revanche trouver le très bon « Nickel Nine is… », son autre nickname (sur un sample identique à celui de « Indenpedenza » d’IAM), de même que « Soldier’s Story ». Pourquoi ne pas avoir fait une version deluxe avec ces 2 titres supplémentaire seulement? Mais peu importe la version 1 ou 2 de Rock City, ça reste un début en major très hétérogène au succès très incertain et pas si mortel que ça (clin d’oeil à ses prochains solos). Au dessus de la moyenne sur le plan lyrical tout de même.
LA NOTE : 13/20.

Postez vos avis!

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.