La dernière fois qu’un album de Future avait moyennement suscité mon intérêt, c’était The Wizrd avant le COVID. J’ai volontairement fait l’impasse sur High Off Life en 2020, parce que j’ai le droit, et quand j’ai lu des critiques plutôt négatives, les crédits et feats de I Never Like You, je me suis dis que ça tombait bien, moi non plus je n’apprécie pas des masses ce king parmi d’autres de la trap music. Parce qu’il a beau avoir une réputation qui dépasse l’entendement, niveau renouvèlement c’est la procrastination. Le Future était pour moi devenu du passé. Alors pourquoi parler de cette Mixtape Pluto? Parce que là au moins, c’est clairement assumé que Future fait du Future.
Cette 17e mixtape sortie à la rentrée 2024 faisait suite à deux collabs LP avec Metro Boomin, totalement passés sous les radars. Probablement parce que le producteur avait mauvaise presse à cause d’une plainte pour agression sexuelle aux fesses… Après tout, Future reste Future, son côté hautement toxique appelle à des relations avec d’autres toxiques, comme Drake, Kanye, Kodak Black… Bref, autant d’artistes que j’ai cancel. Maintenant, recentrons plutôt le sujet sur Mixtape Pluto. Pluto comme son premier opus paru en 2012. Un retour aux sources? Je vous laisse juge. Les constantes : un autotune coincé dans le larynx, parler de bitches et de lean non-stop, des trémolos dans sa voix (comme s’il se faisait un bain de bouche) pour feinter de chouiner, ses producteurs fétiches (Wheezy, ATL Jacob, Southside, FnZ, London on da Track…) et des instrus trap nerveux gavés de mélodies de synthés sous codéine. Pas franchement de nouveautés stylistique, c’est juste histoire de maintenir la forme et faire patienter l’auditoire avant un nouveau solo qui se fait attendre (Alter Ego?).
Mais ça me fait chier de constater que, bordel il est fort, et très en forme en effet. C’est toujours pareil mais, comme ces acteurs cantonnés à jouer les mêmes rôles, on prend un certain plaisir coupable à écouter jusqu’au bout cette mixtape commercialisée. Ces doses de codéines garantie zéro featuring font cependant moins d’effet qu’auparavant, mais Future garde des petites idées en réserve, qu’il place ça et là, pour attirer l’attention. Comme cette façon de paraitre complètement foncedé comme jaja sur « PLUTOSKI » (ça va pas du tout), son état sur « MJ » n’est guère mieux, comme si tout se passait au ralenti (sans passer par du screwed and chopped). Des fois il s’en bat complètement les yeuc comme sur « BRAZZIER » et « MADE MY HOE FAINT » avec sa prise de voix au chant approximatif et off-beat. A croire qu’il ont mis l’instru par dessus ses enregistrements (c’est d’ailleurs bien possible). Tellement rien à foutre qu’on l’imagine bien en claquettes-chaussettes poser en one-shot en studio, avec cette flemme aigüe de passer la barre des deux minutes. Mais cette mixtape semble à l’oreille si quali, c’est sans doute grâce au travail de l’ingé son MixedByAli (oui ça rime).
Comme d’habitude, Future aime jouer la carte du mec sensible sur « LOST MY DOG », genre il a un un petit coeur caché au fond de lui. « OCEAN » avec ses nappes de synthé apporte une légère brise, qui souffle aussi sur « SOUTH OF FRANCE » suivi de près par « SURFING ON A TSUNAMI » qui s’enchaînent sans temps mort et sans s’en rendre compte tellement les beats paraissent identiques. Mixtape Pluto n’est qu’une mixtape après tout, il peut bien faire ce qu’il veut, pour donner aux fans ce qu’ils veulent. En attendant mieux un jour ou l’autre avec un 9e album?
LA NOTE : …


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