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Sean Price « Jesus Price Supastar » @@@@


L’an de grâce 2007 a commencé fort avec le 2e album solo de Sean Price, ce doux-dur signé chez Duck Down Records et moitié des Heltah Skeltah. On venait à peine de digérer cette macération de foie gras, chapon, homard, champagne, autres digestifs et les chocolats de Noël, que le messie de l’underground new-yorkais Sean P nous assenait un gros coup dans l’estomac et le foie avec Jesus Price Supastar.

Sa réputation de brute épaisse au micro n’était plus à faire, c’était d’ailleurs pour ça qu’on attendait ce disque pour après les fêtes. Il a même été approché par Def Jam d’après ses propos, et personne ira chercher à le contredire. Et il frappe fort d’entrée avec « P-Body » et « Cardiac », bien chaud patate au four. Sean Price a musclé son jeu pour ces 15 rounds. La moitié de l’album est conçu par le Soul Council, comprenez 9th Wonder et Khrysis. C’est pas rien. Parmi les petites perles qu’ils ont confectionné, on peut y trouver ce titre « Violent » dont l’instru est ultra-doux en comparaison des lyrics. Le hic, c’est que 9th n’a pas prodigué ses meilleurs beats (même si on l’aime toujurs fort), on est pas au niveau de « Heartburn ».

Underground à fond, l’album se permet une incartade aux saveurs westcoast (« Church ») produit par le scandinave Tommy Tee (KAMOULOX). C’est à se demander s’il y a pas eu inversion d’intitulé avec « Oops Upside ya head », en reférence au « Snoop’s Upside Ya Head » de Snoop Dogg vu que c’est aussi le refrain. Parmi les autres guests, on peut compter sur la présence de son protégé Ruste Juxx, Sadat X (Brand Nubian), son chef Buckshot, le jeune Skyzoo (qui était collègue de label), Block McCloud de l’Army of the Pharaohs et notre Phonte préféré sur « Let It Be Known » (sur une prod de 9th forcément). Son ancien partenaire Rock est présent sur trois titres dont l’énorme « King Kong » (c’est le cas de l’dire), ce qui présageait d’un retour des Heltah Skeltah pour bientôt.

Et on ne s’est pas trompé, il a fallu attendre l’année suivante avec leur 3e opus D.I.R.T. Un peu en deçà de Monkey Barz, dont le traumatisme se faisait encore sentir, Jesus Price Supastar a assis le statut de Sean P au rang d’incontournable MC new-yorkais que le mainstream ne méritait pas, moins fauché mais toujours up-percutant.

LA NOTE : 16/20

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