Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

A Tribe Called Quest « Midnight Marauders » @@@@@


9 Novembre 1993, un grand jour pour le Hip Hop avec le monument Midnight Marauders des Tribe Called Quest. Ce troisième classique d’affilée est sorti le même jour que Enter The 36 Chambers du Wu-Tang Clan, une date historique donc. Et une fois de plus, une pochette mythique, un trombinoscope recto/verso avec plein de rappeurs, casques sur les oreilles, et peu sont celles et ceux capables de tous les identifier du premier coup. Une façon très cool de célébrer la grande famille du Hip Hop. On peut encore s’amuser à essayer de les reconnaître !

La ligne directrice de ce chef d’oeuvre est la voix féminine d’une secrétaire du label Jive (Laurel Dann), enregistrée mot par mot comme si on était sur une sorte de standard téléphonique automatique sur une bande cassette (on est dans les nineties je rappelle). Pour Midnight Marauders, les Tribe Called Quest comptaient 3 individus : Ali Shaheed Muhammad (prod, scratches), Q-Tip (prod, rap) et Phife Dawg (rap). Le quatrième larron Jarobi a pris ses cliques et ses claques en cours d’enregistrement… « Stip It Up » nous remet immédiatement dans le bain avec leur univers sonore si caractéristique, avant d’enchaîner sur un grand moment de hip hop : « Award Tour ». Les boombox ont pris cher quand ce morceau passait. C’est Trugoy the Dove sur le refrain de ce single iconique, le rappeur des De La Soul dont la disparition soudaine cette année 2023 a lourdement pesé sur le moral… Une colombe passe.

L’équation magique du trio : qualité clinique des beats, avec de grosses caisses qui viennent frapper les tympans et des samples de jazz bien torréfiés (avec pas mal de contrebasses) qui donnent le ton et l’humeur du morceau + de la poésie et des flows, visant le haut du panier avec que des tirs 3 points à chaque rime. Parmi les titres cultes, on retrouve également « Electric Relaxation », tellement hip-hop jazz (ce sample de « Mystic Brew » de Ronnie Foster). Ce qui était dingue avec les ATCQ, c’est qu’on développait notre culture jazz en même temps que notre culture rap. Les deux MCs ont droit à quelques parties plus solo (le nocturne « 8 Million Stories » pour Phife, « Sucka Nigga » et « Midnight » pour Q-Tip par exemple). D’ailleurs, il y a un dénommé Raphael Wiggins (pour ne pas dire Saadiq) à la basse sur « Midnight ». C’était la grande époque des Tony! Toni! Tone! dont il faisait partie.

« Oh My God » ne serait pas ce qu’il est sans la voix exceptionnelle de Busta Rhymes , ou même le couplet de Large Professor des Main Source sur le cool « Keep It Rollin’ », chaque détail compte. Parmi les nombreuses références et accolades de l’album (qui en est truffé), il y a ce shoot-out fait à un certain Subroc (membre des KMD et frère d’un certain MF Doom). Paix à son âme aussi… Paix aussi à l’âme de Phife Dawg, décédé en mars 2016, peu de temps après l’ultime album des Tribe. On cite souvent Q-Tip mais ici le Funky Diabetic fait la démonstration imparable qu’il est un pilier du rap new-yorkais sur « God Lives Through » par effet domino.

On sent aussi déjà des vibes Dilla-esque avant l’heure sur « Lyrics To Go » (qui sample Minnie Ripperton), mon morceau préféré et qui dans le fond, n’est pas tellement une bonus track, c’est juste qu’ils en avaient encore sous le pied ! Un des albums hip-hop les plus essentiels des années 90 (et même de toute l’histoire de la culture HH), la preuve par 3.

LA NOTE : LE MAXIMUM DU MAXIMUM.

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