Le jour d’Halloween 1995, était donné rendez-vous dans Les Temples du Boom, tome III des contes de la Colline des Cyprès. C’était antan, Cypress Hill étaient des rock star du rap, tellement des stars qu’ils sont passés dans un épisode des Simpsons (s07.ep24, ‘Homerpalooza’). Premier groupe hip-hop de latino-américains à succès international.
Mil-neuf-cent-nonante-cinq (comme disent nos amis 🇧🇪) est l’année de sortie de ce 3e opus, Temples of Boom chez Ruffhouse Records, signé Sen Dog (rappeur), B-Real (rappeur) et DJ Muggs (DJ producteur) et Eric Bobo qu’on n’oublie pas. Pour être dans l’air du temps, les gue-dins dans leur teu-té ont calmé les BPM pour devenir plus cools comme le montre les vibes du titre d’intro. Les Cypress continuent d’offrir une alternative au rouleau-compresseur G-Funk, du gangsta-rap des cimetières (« Make a Move », « Let it rain »), des idées morbides qui prennent racines au Mexique dans la culture de la mort. Et les racines de weed proviennent de la Cité des Anges. L’extrait « Illusions » réunit tout cet univers de manière captivante.
Quel meilleur exemple que « Throw Your Set In The Air » pour illustrer tout ça? Si vous faites une playlist « Halloween party », ça doit y figurer obligatoirement. On retrouve chacun dans son rôle. B-Real : syllabes trachantes comme des coups de machette; Sen Dog, les coups de semonce sur les refrains; DJ Muggs qui organise le chaos avec noirceur; Bobo aux percus. Mood : foncedé, attitude : criminelle. En deux mots, un titre : « Stoned Raiders ». Belliqueux aussi, lorqu’ils se retournent contre Ice Cube qu’ils dissent sur « No Rest For The Wicked » pour une histoire de refrain pompé sur « Friday » (de la BO de Friday sorti la même année) sur laquelle nos latinos participent également. Le vent tourne vite à L.A…
Autre tuerie, « Killa Hill Niggaz », l’alliance de l’univers des Cypress avec celui du Wu-Tang par le biais de RZA à la prod avec ces fines sonorités angoissantes et aigues. Il ramène avec lui U-God qui convient farpaitement à l’obscurité. Les bonnes vibes bien cool typiquement nineties se retrouvent sur « Funk Freakers » et le single « Boom Biddy Bye Bye ». Leurs collègues de label, qui n’étaient autres que les Fugees, participent sur une version remixée de ce titre, mais ma préférence reste pour l’originale.
Anecdote : DJ Muggs formait durant l’enregistrement un apprenti, un certain Alan Maman, basé à de Beverly Hills, connu sous l’alias … Alchemist. Le jeune Alan à l’époque était rappeur d’un groupe en fin de route, les Whooliganz, avec son pote Scott Caan (avant qu’il perce à Hollywood et devienne connu mondialement grâce au film Ocean’s 11).
LA NOTE : 19/20.


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