Comme Netflix, les Gorillaz ont annulé la saison 2 de Song Machine, leur précédent album que vous pouvez voir dans les suggestions de chroniques en bas de l’article, dessous l’encadré « postez vos avis ». Et c’est un soulagement, cette annulation. Ce qui n’empêche pas de voir figurer sur ce nouvel album Cracker Island le single « Tormenta » avec la superstar portoricaine Bad Bunny.
L’entame démarre bien avec le divertissant morceau-titre en compagnie de mon chouchou Thundercat, dont la voix et la ligne de basse sont très bien exploités. Damon Albarn et sa bande virtuelle ont axé leur inspiration vers une pop rafraîchissante, ce qui rend l’écoute de ce huitième album plutôt réjouissante. Des chansons comme « Tarantula » et « New Gold » (en compagnie de Tame Impala et Bootie Brown des Pharcyde), semblent parfaitement rodées pour entrer dans les toutes les oreilles avec beaucoup de facilité. C’est là tout le génie du groupe, de faire de la très bonne musique divertissante.
Si ce n’est que leur créativité se fait aujourd’hui au détriment de leur singularité. Ce qui est paradoxal, car les Gorillaz n’ont pas besoin de faire de la musique tout-public pour plaire à tous les publics. Les récits de Cracker Island apportent toujours un fond de réflexion et de conscience, néanmoins les compositions de cet opus donnent cette impression d’un ancrage trop proche de la réalité, après nous avoir habitué à une forme de surréalisme cartoonesque il y a trop longtemps. L’extraordinaire n’est plus. Preuve en est, cette collaboration avec Beck qui ne soulève pas les coeurs, comme c’était déjà le cas sur Song Machine Season One (c’est leur seconde collab’ d’affilée). Deux grands artistes qui travaillent ensemble ne font pas forcément des grandes choses. Ici, c’est comme mélanger un vin millésimé avec un excellent champagne dans une même coupe : ça n’a aucun intérêt.
En soi, Craker Island est un super chouette album de pop anglaise, vivifiante et positive. Mais une fois encore, on écoute là, comme depuis les années 2010, un album de Gorillaz sans la substantifique moelle Gorillaz. Guests prestigieux, singles cools mais même pas quarante minutes de musique et rien qui marque les esprits sur la durée. A se demander ce qu’il advient du leur, d’esprit. Il demeure un peu là, il rôde à travers la voix ectoplasmique de 2D. En tout cas, cela n’entame pas notre immense sympathie envers ce groupe devenu iconique dès ses premiers instants. Mais si j’étais chroniqueur au magasine Télérama, je n’aurai mis que 2 T en étant sympa.
LA NOTE : 14,5/20


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