Il a beau faire partie des murs de la maison Stones Throw depuis deux décennies, les projets solos de ce co-fondateur des Beat Junkies et collaborateur de Madlib sont plutôt rares. Le premier album de J.Rocc est sorti en 2011 ! C’était Some Cold Rock Stuff. Il aura fallu attendre onze ans pour voir arriver son successeur, A Wonderful Letter, qui allait être scruté de près par les connaisseurs.
En quelques tracks, les créations originales de ce maestro des vinyles nous ré-immerge dans le pur style hip-hop de la maison Stones Throw, période 2000s, avec son atmosphère à la Peanut Butter Wolf, Oh No ou Madlib, quand il était la vedette du label. Ce son artisanal, alternatif, avec des samples inhabituels et foutraques, tout ce patchwork met un filtre gris sur L.A, avec des instrumentaux cinématiques par endroits comme « One » et « Keep On (Yeah) ». Les guests sont des proches issus de ces ramifications des rues californiennes, comme Rasco, MED (très bon sur « Love & Dope ») et LMNO (« L.A. Anthem »), ou même de Detroit puisque Frank Nitt est dans la place sur « Flawless (Raw) ». Budgie quant à lui se retrouve sur la variante ‘smoothed out’ de « Flawless ». Les deux tiers d’A Wonderful Letter sont hip-hop, à la frontière de l’abstract, sur laquelle J.Rocc étale sa science du DJing et du mix, parfois technique.
La dernière partie de l’album se fait plus diversifiée et vivante, J.Rocc inviterai presque à bouger son body. Parce que tiens, le chanteur Steve Arrington apporte son aura funk sur « All I Wanna Do (remix) ». « Pajama Party » joue la carte old school de l’électro-hop (fusion hip-hop/électro) façon début des années 80, avec le flow bien à l’ancienne de The Egyptian Lover. Toujours sur un tempo relativement rapide, « Go » table plus sur un rythme soulful house avec un clin d’oeil à J Dilla durant presque six minutes. Enfin, « Dancing With The Best » se situe quelque part entre du nujazz et de l’électro-swing, avec un côté européen, pour ne pas dire parisien, qui ravi les oreilles. Le mot ‘mix’ (mélange) prend tout son sens à cet endroit de l’album.
Pour ainsi dire, A Wonderful Letter est un concentré en format album de tout ce que J.Rocc sait faire, tout ce qu’il aime faire. Avis aux mordus de son Stones Throw et autres audiophiles qui aiment tâter du vinyle. Pour rattraper le temps perdu, J.Rocc sortira l’année 2023 un autre projet au nom bien trouvé, Beatitudes.
LA NOTE : 15,5/20.


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