Nolan the Ninja « SPORTEE » @@@@@


Pour faire un saut dans la musique hip-hop des années 90 en cette fin de décennie, vous avez deux choix devant vous 1) vous passer tranquillement le LP instrumental Return of the SP1200 de Pete Rock qui compile des instru inédits 2) découvrir de toute urgence SPORTEE de Nolan the Ninja fraîchement sorti chez Mello Music Group. Grosse claque dans la gueule, fuck 2019.

Ce MC qui doit avoir la vingtaine et qui a grandi a Detroit est tombé dans la marmite boom-bap jazzy de NYC quand il était tout petit, et comme Obélix, malgré un embonpoint, Nolan est une force de la nature dès qu’il approche un mic. Et cette approche, elle est très traditionnelle et clairement assumée. Avec des idoles comme Elzhi, Guilty Simpson, mais aussi Pete Rock, INI, Jay-Z, 2Pac et d’autres encore (il suffit d’être attentif à ses name-droppings ou de repérer les rimes qu’il reprend). La fougue de son flow rappelle l’énergie d’un Big L, avec un énorme travail sur la respiration, et ses lyrics sont très axés storytellings pour raconter des tranches de sa vie tout en nous imprégnant de l’état d’esprit qu’il avait à ce moment-là, et ça c’est très, très fort. Il faut l’écouter pour le croire.

Entièrement produit par Y5not armé de sa SP-303, on retrouve beaucoup dans ses productions de fortes inspirations de Pete Rock (clin d’oeil très appuyé sur « SP1200 Freestyle » notamment), du J Dilla, Madlib, des beats de la grande ère de Rawkus records autour des années 2000, mais aussi quelques ressemblances avec des artisans contemporains comme Knxwledge et Samiyam. Oui, SPORTEE contient des touches modernes, un aspect indie hip-hop contemporain avec ce côté glitch et lo-fi des instrus brouille le son comme les époques, comme ce « 2 Cents » avec Chuck Inglish (usant d’un sample de « Feeling Good » de Nina Simone sorti des égoûts) et le magique « Bloom« . Le ressenti principal est d’écouter de nouveaux classiques Eastcoast boom-bap, forgé avec les anciennes méthodes d’une époque révolue. Autre exemple, le semblant de calme du laid-back « Deity » avec ses basses grouillantes avant de reprendre la basse funky de « Ain’t No Nigga » de Jigga.

Tout ceci est bel et bien RÉ-EL. « Faro« , « Gems« , « Pique« , « Paloma« , « Krush« … Bordel il y a 21 pistes, moins les intro/interlude, ça fait rien que 19 tueries en inox, incluant des bonus tracks tout aussi indispensables (« Poe » en particulier). Des samples jazz/soul crasseux, de bonnes grosses infrabasses, un mixage volontairement brouillon et, surtout, du MCing de haute voltige. Je le redis encore : à écouter de toute urgence pour tous les amoureux de hip-hop qui se respectent.

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