Cypress Hill « Elephants On Acid » @@@


Cypress Hill fait partie de ces groupes dont la notoriété surpasse le monde du rap et c’est ce qui explique leur longévité de trois décennies. Probablement parce qu’il nous arrive de les considérer comme des rockstars, un peu comme les Public Enemy, et qu’ils ont bâti IV albums mythiques. Ensuite des moins fameux comme Skull & Bones et Stone Raiders qui ont rencontré un certain succès, puis de longs passages à vide entre Till Death Do Us Part (2004), Rise Up (2010), qui n’ont guère convaincu tous deux, et ce neuvième album Elephants On Acid est arrivé cette année 2018, entièrement produit par DJ Muggs. On a presque du mal à y croire qu’ils sont de retour dans les bacs.

B-Real, Sen Dog, Muggs, Eric Bobo, quatre éléphants pas prêts de rejoindre le cimetière. Ensemble ils se sont dits de pousser l’expérience des substances illicites plus loin, quitte à réaliser un opus sans vrai single populaire et impossible à exploiter commercialement. Décrire Elephants On Acid n’est pas chose aisée non plus, il y a des adjectifs qui me viennent en tête spontanément un titre après l’autre. Dans le désordre : arabo-hindou, psychédélique, ténébreux, forain, guerrier, intermittent, fumeux,… chaotique. Sur le plan structurel, les 19 pistes s’enchaînent tels des titres entrecoupés par des instrumentaux aussi chelous les uns que les autres. D’accord pour dire que des morceaux comme « Warlord« , « Locos » avec Sick Jacken et « Put Em In The Ground » sont absolument monstrueux, le reste part dans tous les sens en suivant une fausse linéarité imposée par les nombreux passages instrumentaux. Comme des volutes de fumée de weed, la présence de B-Real est souvent immatérielle tellement il rappe pas des masses. En cherchant bien on trouver d’autres qualité à ce disque, comme de mettre un pied dans le trip hop grâce à la voix de Kory B. Garnett qui fait la différence.

Connaissant la qualité de productions de DJ Muggs qui n’a jamais faibli (il suffit d’écouter Gems From Equinox avec Meyhem Lauren paru l’an passé), l’idée d’un nouveau Cypress produit par lui seul m’avait hautement enthousiasmé. Au final la douche est tiède, Elephants On Acid ressemble davantage à un album expérimental de Muggs feat B-Real, avec des caméo de Sen Dog et Bobo. Frustrant car quand on écoute Dia Del Asesinato, le quatrième volet de la saga Soul Assassins sorti trop discrètement cet été, j’imaginais un album totalement différent, plus ‘ordinaire’ tout gardant cette profonde part d’obscurité. Sur Dia Del Asesinato, avec ses pointures comme Raekwon, Freddie Gibbs, Mach-Hommy, Hus Kingpin, Kool G Rap et MF Doom, Muggs montre aux autres jeunes beatmakers affâmés qu’il reste le maître (celui d’Alchemist aussi). Dans une ère où le noir rap prend la main sur l’underground, le producteur californien y nage comme un requin dans l’océan. Après j’ai conscience qu’un album de Cypress Hill doit bénéficier d’un autre traitement, la preuve avec Elephants On Acid, la métaphore est claire. À ne pas écouter en état de sobriété.

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