Brother Ali « All the Beauty in this Whole Life » @@@@


Après quatre ans de silence radio, Brother Ali reprend du service avec All the Beauty in this Whole Life, toujours sur le label Rhymesayers pour qui il voue une haute fidélité. Haute fidélité comme le hip-hop que lui, Atmosphere et les autres membres de la structure indépendenante propose depuis deux décennies. Et en parlant de fidélité, ou de loyauté si vous préférez, Ali a retrouvé ses vieilles habitudes en sollicitant Ant (le producteur d’Atmosphere) pour l’intégralité de la production de ce 6e album, Jake One étant trop occupé par son side-project funk Tuxedo.

Que ça fait plaisir de retrouver ce rappeur attachant et humble au destin incroyable, ça faisait longtemps en effet. C’est une personne qu’on aime écouter, parce qu’il a toujours de vraies choses à raconter, lui qui a connu la misère et une forme de discrimination (il est albinos). C’est quelqu’un dont la vie a inculqué des principes, ainsi que l’Islam, qui cherche à faire le bien autour de lui, pour sa famille, pour son entourage et pour vous/nous, son public. Ses propos font réfléchir, font ouvrir les yeux, questionnent sur la valeur des choses et des humains, et dans chaque rime, il essaie de tirer le meilleur de lui, le meilleur de son art et le meilleur qui existe dans ce monde, d’où le titre All the Beauty in this Whole Life.

Et en parlant de ce qui est beau, bravo aux (vraiment) très belles productions de Ant, de l’acabit ce qu’il fournit pour Atmosphere, mélodieuses et impérissables, avec une touche plus particulière et douce pour Ali. En plus, il y a disséminé quelques scratches, pour la touche d’authenticité. Certains de ses propos font écho aux tensions raciales que connaît les Etats-Unis depuis des mois, comme « Before They Called You White« , qui revient aux racines du suprémacisme blanc, et surtout « Dear Black Son« , avec ce magnifique message (« Dear Black Son, there’s people you’ve never met/ Who fear and hate you for something that you never did/And these people are so self-convinced/ Sometimes they pull the trigger, call that self-defense »). Peu de featuring, si ce n’est les jeunes signatures de Rhymesayers, la rappeuse Sa-Roc et Dem Atlas, et une collaboration avec Idris Philips (musicien folk) sur « The Bitten Apple » avec sa référence biblique au mythe d’Adam et Eve.

Comme le veut la coutume avec lui, le (superbe) morceau-titre placé à la fin. Et une fois de plus, Brother Ali fait rimer sensibilité avec qualité. Sans changer de style, All the Beauty in this Whole Life marque un retour réussi du rappeur de Minneapolis sur les devants de la scène.

 

Postez vos avis!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s