Westside Gunn « FLYGOD » @@@@@


FLYGOD est l’album rap du mois de Mars et personne ne l’a vu venir. Westside Gunn est-il la nouvelle sensation new-yorkaise? Presque, puisqu’il est originaire de Buffalo et exilé à Atlanta. Ce qui explique les caractéristiques de l’album et son style Eastcoast à l’ancienne à mort. Bref, peu importe d’où il vient et comment il en est arrivé là, Westside Gunn fait sensation.

Aussitôt la lecture lancée que le beat de Daringer (qui produit les trois quarts du disque) diffuse des essences de hip-hop 90s sorti tout droit des ruelles sombres aux vapeurs froides à travers lesquelles Westside Gunn balance des lyrics qui sentent la poudre (noire comme blanche), la même que cuisinait des Raekwon avec Only Built For Cuban Linx ou les Mobb Deep. S’il n’y avait pas eu de « skuuuuuurrr » sur « Gustavo« , on se serait franchement cru vingt ans en arrière. Le refrain de cette track résume d’ailleurs le réalisme voulu par l’auteur, une description en toute simplicité qui suffit à imaginer une scène et un style de vie (« everyday get money and pray »). Les codes reprennent tellement fidèlement les codes d’autrefois que les influences de DJ Premier (les scratches de « Shower Shoe Lord« ), Havoc, des Black Moon ou RZA sont plus que palpables par endroit.

En vrai, on retrouve Alchemist accompagné de Action Bronson sur l’excellent « Dudley Boyz » (magique le long sample de violons), Statik Selektah qui ramène Skyzoo sur « 50 In. Zenith » et même Apollo Brown pour le magnifique « Mr T » (avec ces petits grains de poussière qui donne du cachet). Ce ne serait pas étonnant de retrouver Roc Marciano vu que Westside Gunn partage pas mal de points communs avec lui au niveau du flow, des thèmes et la place importantes des boucles pour les beats. He ben le bougre il est présent, à la prod hypnotique de « Hall » et au micro sur le glauque « Omar’s Coming » avec son phrasé qui nous glace à l’intérieur de nos doudounes.

Je n’ai probablement pas parlé du meilleur. Sans m’attarder sur les 18 pistes qu’aucune n’est à zapper, le boom-bap « King City » figure en bonne place en tête de liste grâce à une perf comme si on était en 96 avec en prime une apparition d’un grand technicien des vinyles reconnu mondialement, j’ai nommé DJ Q-Bert. Ça ne nous rajeunit pas tout ça. Même l’inconnu featuring (Mach-Hommy) défonce. La boucle de piano de « Vivian at the Art Basel » est enivrante comme un vin qui s’est bonifié durant deux décennies, Your Old Droog n’a plus qu’à finir le travail. Il manque un grain de folie? Danny Brown apparaît au bon moment sur « Bodies on Fairfax« . L’atmosphère fin d’après-midi propice à compter l’argent de la journée sur « 55 and a Half » n’a pas besoin d’un second couplet de Westside Gunn, il a déjà tout dit. Et au risque de me répéter, « Dudley Boyz« … N’oublions pas sa prise de position en faveur du chef de cartel mexicain récemment catpuré El Chapo qui nous fait reculer de trois pas. Il est arrivé dans le passé que des rappeurs glorifie des figures du grand banditisme ou des barons de la drogue, donc pourquoi pas.

Je ne serai pas le seul à vous le dire mais, si vous kiffez l’univers noir de Roc Marcy et le rap d’aujourd’hui remettant au goût du jour vieilles recettes, foncez les yeux fermés. Ce qui sera peut-être sur le podium des meilleurs albums rap Eastcoast de 2016 est celui d’un mec d’Atlanta ! Qui l’aurait cru un il y a vingt ans… C’est dire à quel point le rappeur respecte son art. Bravo à Westside Gunn, et à Daringer qui a droit à sa part du mérite.

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