Earl Sweatshirt « I don’t like shit, I don’t go outside » @@@@


Earl Sweatshirt n’a pas été très cool avec nous quand il est passé en Europe, on se serait bien passé de ses critiques immatures de nos us et coutumes locales. Bah écoute gamin, si t’es pas content, rentre chez toi… Ce qu’il a fait semble-t-il. Et le voilà qu’il sort de son autisme sans prévenir avec un album tout chaud tout frais, intelligemment nommé I don’t like shit, I don’t go outside. Ouais, il est comme ça Earl.

Ce troisième LP est un condensé d’une demie-heure de son talent de rappeur et producteur (sous l’alias randomblackdude). C’est un album pour les fans des Odd Future, mais qui devrait attirer les autres curieux. Ce disque dont-le-titre-est-trop-long-pour-le-retaper-à-chaque-fois est une immersion dans son univers pittoresque de Earl, comme s’il se résumait à une pièce, comme une chambre, où il conçoit sa musique seul. Seul avec son matériel pour faire du son et ses pensées un poil déprimantes qu’il couche par écrit. Pour le flow aussi, il est autodidacte jusqu’au bout. Comme Jonwayne, on peut considérer ça comme du « rap de chambre ».

En retraçant son évolution, cet album pourrait bien être le plus intéressant de sa discographie. Les instrumentaux sont moins brouillons et trash, ses lyrics plus matures, en somme l’évolution est notable. C’est cet aspect travaillé qui distingue ce projet d’une mixtape ou d’un free album. Ça aurait presque pu l’être, la première seconde de l’album est le bruit caractéristique d’un lecteur de cassette qu’on actionne. On a sans doute oublié qu’un album aussi sommaire en l’apparence (y a qu’à voir la pochette réduite à sa plus simple expression) puisse être abouti à ce point, avec ses subtilités et une architecture sonore assez complexe (des parties instrumentales géniales comme sur « AM // Radio« ).

C’est là tout le paradoxe de I don’t like shit I don’t go outside, l’opposé d’un Doris riche en collaboration mais qui au bout du compte était terriblement assommant (jugement perso). Ici on compte son pote Vince Staples et d’autres gaillards de son entourage (Dash, Wiki…). Ce disque est tellement la bande-son d’un dimanche à rien foutre qu’il en est hautement appréciable.

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