Army of the Pharaohs « The Unholy Terror » @@@@


Le détachement spécialisé en techniques meurtrières des Jedi Mind Tricks menés par le chef des armées Vinnie Paz lance un troisième assaut sanglant avec une stratégie aux rangs resserrés autour du noyau dur de légionnaires recrutés par Vinnie en personne. Mais quel sacré gros noyau : Demoz, King Syze, Reef the Lost Cauze, Crypt the Warchild, Block McCloud, King Magnetic, Planetary, Des Devious, Doap Nixon, King Magnetic et les commandants Jus Allah, Esoteric et Celph Titled. Surtout, l’Army of Pharaohs voit revenir dans ses troupes le seigneur de guerre Apathy qui avait manqué Ritual of Battle (lire la chronique). Ça rigole pas, ces gaillards-là étaient des guerriers spartiates dans une ancienne vie.

Première suprise, immédiate, une introduction dans la langue de Molière. Puis retour aux habitudes destructrices. Effectivement, leur technique de combat n’a tant évolué que ça avec « Agony Fires » : des passes d’armes entre MCs et des instrumentaux à base de samples de voix pitchées, très baroques, ou de la musique classique. Comme pour The Trojan Horse des Snowgoons, les batailles épiques se déroulent en terrain connu (« Prisoner », « 44 Magnum », « Spaz out », « Hollow Points » et ses orgues lugubres) et manque au contingent – après avoir rechecké les gars enrôlés dans cette troisième campagne – Chief Kamachi. Cependant il est très difficile de contenir les attaques des différents combos de rappeurs, implacables, instoppables et violentes. La voix rugueuse de Vinnie Paz n’en finit pas de décaper les tympans les plus bouchés, Apathy découpe toutes les têtes sur sa route (je me permets de reprendre cette rime de Pit Baccardi) et les autres, notamment Celph Titled, King Syze et Doap Nixon, n’en démordent pas. Une bande de fous furieux, de tueurs-nés prêts à tuer l’instru à n’importe quel moment.

N’importe quels beat (réalisés de ce que j’ai vu par des soldats sans-noms) je dirai même plus. Car elle est là la vraie surprise : le changement d’instru. Alors que l’on anticipait des instrumentaux comme décrits ci-dessus, les AOTP reviennent aux bases avec des multiples beats boom-bap bien new-yorkais comme sur « Cookin Keys », le monstrueux « Godzilla » (un pléonasme qui se vérifie), « Drenched in the Blood » avec de très méchants synthés et ce « Burn You Alive » qui déconcerte, et c’est peu de le dire: l’autotune est au refrain. Une hérésie sur un tel album mais qu’on oublie vite avec le grand finale « The Ultimatum » qui, après avoir mis le rap game à feu à et à sang, nous met une excellente leçon de hip-hop dans les dents.

Est-ce qu’il y a vraiment besoin d’une conclusion?

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. ALTERPROD dit :

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