
Le rap français se diversifie et c’est tant mieux ! Il nous fallait une alternative au rap ghetto, au rap de rue, au rap bobo, au rap pas beau… Plus naturellement que la mode de l’autotune, la fusion Hip-Hop/Jazz est apparue comme une évidence dans le paysage français, une scène affirmée avec les Hocus Pocus, Oxmo Puccino & The Jazzbastards ou encore les Jazz Liberatorz. C’est dans cette niche florissante que le projet Music’All de Black Stamp Music s’est émancipé, une sorte de compilation sélectionnant parmi les meilleurs rappeurs de France sur des instrumentations live orchestrées par la troupe d’Illuminés Black Stamp, en pleine fièvre « Yes We Can! ».
Le thème « Music’All » en dit long sur les influences du groupe de musiciens jazz hop : The Roots, RH Factor,… en francisé évidemment, avec un zeste folk et blues. Premier à se lancer, Busta Flex, qui ouvre la marche avec « Chanter », délivrant un peu d’espoir pour les gens en bas de l’échelle sociale. Pour ce qui est de chanter, c’est la voix de Karl The Voice qui éclaircit la chanson et la plupart des morceaux de cet album. Autre bonne nouvelle, on a retrouvé des membres du Saïan Supa Crew ! Feniksi a.k.a. Féfé promet qu’il arrête de draguer à tout-va, un titre plein d’humour avec une musique dans la veine de son premier single « Dans Ma Rue », Specta déverse son flow sur « Une Larme » et Sir Samuel défend la cause environnementale avec son titre écolo « Qui la sauvera? », sur un instru reggae pour le côté vert. Bien au-delà des sujets sociaux typiques dans le rap çais-fran, cet extrait est important à nos yeux dans la mesure où il sensibilise la jeunesse sur la préservation de la planète.
Music’All est un melting-pot intéressant, tantôt classieux avec le soulful « Don’t let me down » avec un Kohndo dans son élément avec le chanteur Brian Lucas, tantôt rebel avec le garçon manqué Casey se questionnant « Vais-je grandir un jour ? ». La tchatche de Soklak fonctionne à merveille sur « Mix it up », tandis qu’Oxmo Puccino allège sa plume pour « Quand même », afin de nous rendre l’esprit plus léger et nous redonner le sourire. Du côté des révélations figurent Marco Polo et Mihuna, très habile pour dessiner à l’encre quand il se demande « Si j’étais peintre », répétant par trois fois cette ligne finale: « mon esprit critique s’est transformé en cynisme, peut-être parce que la crise dans mon coeur rend mon âme grise. »
Pour faire un jeu de mot facile, Music’All est predestiné aux scènes des music hall et musicalement, c’est le must. Un petit festival de musique urbaine.

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