Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Public Enemy « Yo! Bum Rush The Show » @@@@½


Public Enemy, voilà un groupe qui a bousculé les mentalités dans les premières années du rap et secoué les politiques. Parce que dans les années 80, le rap c’était contestataire certes, ça agaçait le système, mais ça n’a jamais eu autant d’impact sur le plan socio-politique qu’avec l’arrivée de Chuck D et son crew. An 1987, les Public Enemy sifflaient la fin de la fête avec Yo! Bum Rush The Show.

On ne se pose jamais trop la question de la provenance du groupe mais sachez-le, ils arrivent de Long Island (comme les De La Soul). C’est là-bas que lui, Flavor Flav (le bouffon avec sa dégaine pas possible et sa grosse horloge autour du cou), Professor Griff, le DJ Terminator X et le Bomb Squad ont réalisé quelque chose de réellement explosif. Et cette bombe (il n’en a pas eu que l’effet), c’est « Yo! Bum Rush The Show » qui débarque début 1987 chez Def Jam, qui devenait le label incontournable après avoir lancé LL Cool J et les Beastie Boys. C’est Rick Rubin qui veille au grain, le son allait nécessairement déménager.

Evidemment, ce n’est pas l’album majeur des PE, ça viendra après, mais déjà il y avait un truc de hautement subversif, ce militantisme hérité des Black Panther (certains membres habillés en militaires, le logo, etc.) associé à l’activisme hip-hop, avec l’énergie incandescente d’un groupe de musique rock. Beaucoup de morceaux très importants sont diffusés comme « Miuzi Weighs a Ton », « You Gonna Get Yours » et évidemment « Public Enemy n°1 » (que Puff Daddy samplera allègrement 12 ans après pour le premier single de son album solo Forever). Avec Chuck D qui détenait le micro, cet objet qui faisait parler fort est devenu une arme où les rimes très radicales sont des balles réelles direct dans nos têtes; il sera un peu le papa des rappeurs conscients et la bête noire des gouvernements républicains Reagan puis Bush Sr.

La richesse du sampling des frères Shocklee du Bomb Squad fera école. Alors qu’ils n’étaient encore qu’à leurs balbutiements, on sentait déjà leur énorme potentiel qui s’amplifiera par la suite. Flavor Flav faisait office d’électron libre et trublion de la bande, on se demandait un peu à quoi il servait mais sans cet ambianceur de génie, Public Enemy ne serait pas Public Enemy. Il est devenu un élément incontournable de l’identité du groupe. Ici « Too Much Posse » est son fait d’arme majeur.

La tension est telle qu’il faut trois morceaux pour achever ce 1er LP : « Raise The Roof » qui fait un brin party track avant le chao, « Megablast » le chao et la démo digitale de DJing de Terminator X (ce blase ma donne toujours froid dans le dos). Yo Bum Rush The Show des Public Enemy n’était qu’un apéritif violent et nous préparait à la suite qui sera historique jusqu’en 1998 au moins, puis dans les années 2000 en totale indépendance. Avant de revenir chez Def Jam en 2020. Quelle histoire en effet !

LA NOTE : 18/20

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