3 P, Triple P, pour Platinum Pied Pipers. Alors c’est marrant, « pied pipers » veut dire « joueurs de flûtes », mais ce n’est pas dans les attributs de ce duo de Detroit. Petites présentations. Le mec à droite sur la pochette est le plus connu des deux, c’est Wajeed, un proche de J Dilla qui a fait ses preuves sur Trinity des Slum Village. Le type à gauche, c’est Saadiq mais aucun lien de parenté avec Raphael semble-t-il. Ce mec bien plus discret a tout appris de l’artiste Motown Barrett Strong donc c’est pas rien du tout. Triple P, cet album paru en 2005 chez Ubiquity Records, est la convergence de leurs univers, quand Nusoul et Hip Hop comptent triple.
En parlant de Dilla, c’est le rappeur-producteur qui ouvre la marche de cet « album de producteur », qui se focalise sur un microcosme d’artistes ultra-créatifs et géniaux (pas que Dilla hein) : Georgia Ann Muldrow, Steve Spacek, Ta’Raach, Tiombe Lockhart <3, la rappeuse Invincible sur « Detroit Winter »… C’est pas du tout un album avec un but commercial, juste une passion dévorante et commune pour la musique hip-hop et nusoul d’avant-garde, pour les fins gourmets, ceux qui aiment les choses rares, les petits luxes. On voyait donc l’une des premières apparitions des Sa-Ra Creative Partners sur « Deep Inside », amenant avec eux leur son si futuriste et funky, profiter de la douce chaleur de « Fever » de Zeno…
Triple P est ensemble d’ambiance assez changeantes mais très cohérent dans le fond, qui se conclut sur une superbe reprise du classique « 50 Ways To Leave Your Lover » de Simon & Garfunkel, sur une note plus exotique et jazzy. Si dommage que ce soit leur unique album officiel…
LA NOTE : 18/20


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