Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Jedi Mind Tricks « Violent By Design » @@@@¼


On pourrait penser que Violent by Design marque le début de la saga des Jedi Mind Tricks, mais en fait c’était pas tout à fait leurss débuts. Leur 1er album a été sorti en 1997 en très très peu d’exemplaires et s’intitulait, accrochez-vous : The Psycho-Social, Chemical, Biological & Electro-Magnetic Manipulation of Human Consciousness. Cela prend de la place l’écrire en entier, on est d’accord. Tellement peu d’exemplaires qu’ils peuvent se revendre à plus de 100€ sur Discogs…

Violent By Design est sorti 3 ans plus tard aussi sur leur propre structure indé Superegular Recordings, sauf que cette fois c’est largement moins confidentiel et le groupe de l’underground de Philadelphie fait déchaîne les passions. Formé de DJ Kwestion, le rappeur à la voix rocailleuse Vinnie Paz et le producteur Stoupe the Enemy of Mankind, ils sont rejoints pour cet LP par une autre brute à forte conscience contestataire, Jus Allah. Mais qui quittera le groupe l’année suivante pour y revenir en 2006. Les assassins verbaux Jus comme Vinnie marqueront les esprits au fer rouge sur des instrus lourds aux mélodies mélancoliques parfois baroques. Comme on disait dans les 90s : c’est mortel, mais à double-sens. Le mental des Jedi c’est d’être constamment sur le terrain, en guerre.

En parlant de guerre, observez bien cette photo sur la pochette d’un soldat noir américain prise durant la guerre du Vietnam. Les JMT font souvent référence aux guerres passées et à la religion, de manière hardcore et philosophique. On y retrouve des thèmes qui leur seront chers comme l’anticapitalisme destructeur (« Sacrifice »), la brutalité de la mort et les côtés obscurs de la nature humaine qui mènent à la violence. Leur slogan : « jedi mind, heavenly divine, steadily shine in ninety-nine ». On y retrouve aussi des personnalités qui graviteront dans leur giron durant deux décennies : Esoteric, Virtuoso, Outerspace et Chief Kamachi présent sur « The Deer Hunter ».

Violent By Design a aussi relancé les débuts de l’Army of Pharaohs avec « Exertions remix » avec Bahamadia (qui a été une pionnière des AOTP) et « War Ensemble ». Là aussi ça n’avait absolument rien de funky ou de soulful, tout n’est que tristesse, agressivité et désespoir. C’était pas encore la boucherie-charcuterie qu’on a connu ensuite mais le début d’une histoire de violence et de sang qui sera le fil rouge de leur discographie; tous les éléments fondateurs de l’identité des JMT et de leurs acolytes étaient déjà bien là, c’est leur ampleur qui n’a fait que grossir ensuite.

L’album sera réédité en 2003 sur le label indé Babygrande qui distribuera d’autres de leurs plus grands albums. La réédition compte des tracks supp comme « Blood Runs Cold » avec le regretté Sean Price.

LA NOTE : 17,5/20.

Postez vos avis!

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.