Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Ginuwine « The Bachelor… » @@@@½


Quelques semaines après One in a Million d’Aaliyah, Timbaland lançait l’artiste r&b Ginuwine, le bogoss célibataire. De son vrai drôle de nom, Elgin Lumpkin. C’est plus facile de s’appeler Ginuwine, version ré-orthographiée de « genuine » (« authentique » NdT) avec ‘wine’ à la fin, comme « fine like wine ». Ce chanteur faisait partie de la petite bande de The Basement avec le futurement célèbre producteur Timbaland, qui produira ses 2 premiers LP, et la tout aussi géniale Missy Elliott.

Et à l’automne 1996, voilà que le bellâtre débarque sorti de nulle part dans un bar rempli de blancs de la cambrousse pour montrer ses tablettes de chocolat, jean large, chemise blanche immaculée ouverte et sa stache-mou formée de deux triangles isocèles avec son tube « Pony » (et ses « beuhaaar » robotisés). Si si j’vous jure, et il a fait un tabac. C’est le second grand coup de Timbaland cette année 1996. Sur cet album, il reprend pas mal d’éléments sonores qui rappellent ses ghostprods sur The Show, The After Party, The Hotel des Jodeci. Un grand merci à son mentor DeVante Swing, il a bien formé son padawan.
The Bachelor est constitué de pas mal de downtempos avant-gardistes (comme « Hello », « Lonely aze » avec ses gazouillis de zozios et « Only When Ur Lonely ») où Ginuwine évoque la solitude (bah ouais normal il est célib c’est marqué dessus). Mais sur l’autre versant, on peut y trouver des zones hip-hop (le groovy « Holler », « G Thang » avec Missy sur un sample de « Numb » des Portishead et à la toute fin « 550 What? » assez Dirty South dans l’âme). De temps à autres, on peut la voix de Timbaland comme s’il était derrière un combiné téléphonique (un truc que les jeunes connaissent pas), c’est devenu par la suite une de ses marques de fabrique, outre la signature très sophistiquée de ses beats.
Lui et Ginuwine se sont même risqués à reprendre « When Doves Cry » de Prince et le résultat est plutôt réussi (mais dont le sens de la chanson originale ne semble pas être tout à fait le même…). A ses débuts, Timbaland samplait aussi pas mal de standards de la musique et sur « I’ll Do Anything/I’m Sorry », c’est la guitare de « Visions » de Stevie Wonder qu’il remet au goût de jour et là encore le résultat est incroyable. En matant le clip de ce single, notez comment on peut être beau, stylé, et s’habiller comme un moniteur de ski s’habillant en XXXL.
Bref, après ça je ne sais pas si Ginuwine s’est trouvé l’élue de son coeur mais il a rencontré des millions de fans à travers le monde. Quant à Timbo, ce n’était que le début de son règne.

LA NOTE : 18,5/20

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