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Justice « Hyperdrama » @@@@¼


Lorsque les Daft Punk ont tristement annoncé leur mise sur ‘off’ le 22 Février 2021, la pilule fut difficile à avaler. Cet épilogue semblait pourtant inéluctable et logique. Ceci dit, ce n’était pas non plus la fin de l’électro made in France. Un autre duo de chez Ed Banger, qui a longtemps souffert de la comparaison avec le tandem de robots humains, faisait leur grand retour : Xavier de Rosnay et Gaspard Augé de Justice. Le design de leur fameuse croix de l’artwork de Hyperdrama annonçait la couleur : du son et de la lumière.

La signature sonore ne trompe pas dès les premiers instants de « Neverender », n’importe quel mordu de musique électronique reconnaîtrait la patte de Justice entre mille. C’est clair comme de l’eau de roche. Avec le falsetto de Kevin Parker de Tame Impala en plus. Et ce n’est pas la seule collaboration réussie entre les deux formations, le single principal « One Night/All Night » nous propulse dans l’hyper-espace avec cette composition électro-disco qui nous perd dans l’inferno du dancefloor, sans vouloir en revenir. « After Image » (avec la voix évanescente de RIMON qui semble sortie de la brume type Hazer) est tout aussi efficace, avec une touche années 80 du meilleur effet.

Les deux hommes sans masque maitrisent leur art du bout de leurs doigts, avec ces micro-coupures, ces lignes de basses au boogie ultra concentré de disco-funk, ces jaillissements de claviers lumineux, variations de tempos, le jeu des potentiomètres treble et bass et ces sonorités électroniques qui font vibrer littéralement le corps. Hyperdrama est un album résolument homogène et très bien vertébré, tout en maitrise, parfaitement conçu comme un set de DJ qui promet un spectacle bourré de rais de photons. La première partie de Hyperdrama est tout bonnement irrésistible, divertissante à souhait, comme ce « Generator » purement instrumental qui cristallise l’essence de leur identité sonore. Après « Incognito », la seconde moitié semblera plus lisse en comparaison, moins euphorisante, sans que le fil et l’intérêt ne se rompent pour autant, jusqu’à ce « Saturnine » où la bouche de Miguel semble nous chanter derrière l’oreille. Curieuses ces sonorités très 80s aussi, un tantinet anglaises sur ce titre, qui évoquent « Dance Into the Fire » du groupe Duran Duran (c’est sur la bande-son du dernier James Bond avec Roger Moore). Cette vibe un peu new wave que l’on retrouvait sur l’interprétation de « After Image », avec ce côté un peu Jimmy Sommerville.

Moment de gloire pour Justice : Hyperdrama a été allègrement joué lors du DJ set de la parade des athlètes durant la soirée de clôture des Jeux Olympique de Paris 2024, même le puissant « The End » avec le californien Thundercat. Et le spectacle fut grandiose. Envie de revivre ces instants éternellement.
LA NOTE : 16,5/20.

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