Qui était Mike Jones? L’imparfait est de rigueur étant donné que plus personne ne parle de lui au présent. Souvenez-vous en 2005 : la seconde vague du rap de Houston. Après les années 90 avec les UGK et Geto Boys, la nouvelle génération est fin prête à prendre le relai, emmenée par le label indé Swishahouse.
Parmi ces nouvelles têtes : Mike Jones, Slim Thug et Paul Wall avec ce morceau qui a fait l’effet d’une bombe: « Still Tippin’ ». Devenu culte instantanément. Pas de Chamillionaire, qui a pris ses distances avec eux trois peu avant. Lil Flip? Dans les quartiers sud ennemis. 2004-2005 a donc vu ces énormes sorties s’intercaler dans les Billboard (outre celui dont je vais parler) : People’s Champ de Paul Wall, U Gotta Feel Me de Lil Flip et Sound of Revenge de Chamillionaire. Mais le premier de la clique Swishahouse à se lancer, c’était Mike Jones. Who ? Mike Jones ! D’ailleurs c’est le titre de cet album : Who Is Mike Jones? A force de poser la question de manière incessante en featuring, tout partout, on allait finir par le savoir…
Et comme si ça ne suffisait pas, ce type très cool a eu l’idée géniale de donner son vrai numéro de téléphone partout où il posait en feat, ce qui a fait un énorme buzz (et le vibreur de son cellulaire qui faisait bzzbzz sans arrêt). Avec « Still Tippin » comme single principal, puis le très sympa « Back Then », le disque a vu ses chiffres de vente grimper de semaines en semaines jusqu’à être de la même couleur que ses grillz (= dentier-bijou) : platine (mais sans les diamants). Note : pas besoin de Polident avec ces modèles.
Sans être un grand album, Who Is Mike Jones a ceci d’important de définir les contours du rap de Houston au milieu des années 2000, à gros coups de refrains en screwed & chopped (cette technique de feu DJ Screw qui consistait à ralentir les vinyles pour donner de grosses voix). Puis Mike Jones n’avait pas que de répéter sans cesse sa même interrogation de présentation fétiche, ou son phone number. Il répète en plus ses rimes en reprenant par « I said… », ce qui a le don d’agacer l’auditeur (et dégrader sa note lyricale de facto).
Voilà comment ce rappeur a connu son moment de gloire. Après quoi, il a eu un petit rôle dans la série Prison Break, s’est fait digitaliser dans le jeu-vidéo de combat Def Jam Icon… avant de finir par tomber dans l’oubli après son deuxième solo The Voice en 2009… Voili voilou.
LA NOTE : 12/20


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