Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

DMX « The Great Depression » @@¾


23 Octobre 2001 sort The Great Depression, le New-York post-11 Septembre vu par DMX (RIP). La Grande Dépression est une période sombre de l’histoire américaine, lorsque dans les années 30 une grave crise boursière (la première grande crise) a plongé l’économie dans le rouge entre les deux Guerres Mondiales. Puis donc au dernier trimestre 2001 avec ce 4e album de Dark Man X chez Def Jam.

Pourtant les Ruff Ryders roulaient sur New-York avec leurs quads et motos au début du millénaire. C’était un putain de mouvement emmené par notre chef de meute DMX. En 2001, le collectif/label avait déjà sorti ces trois blockbusters (Kiss Tha Game Goodbye de Jadakiss, Scorpion de Eve et le volume 2 de la compilation Ruff Ryders) et rivalisait avec d’autres géants comme Roc A Fella Records. En plus X, c’était devenu une star du grand écran. Il avait eu des rôles dans quelques films d’action (Hors Limites avec Steven Seagal, Romeo Must Die avec Aaliyah et Jet Li), Hollywood commençait à lui tendre les bras. Donc c’était pas franchement la grosse déprime annoncée.

N’y allons pas par 4 chemins, on passe en revue les deux singles bien streets de l’albums. Pas des bangers signés Swizz Beatz cette fois, mais qui sentent vraiment le caniveau sale, avec « We Right Here » et le trop répétitif « Who We Be ». Pas de doute Earl Simmons veut représenter la rue comme jamais. Néanmoins cette vitrine typique de X ne reflète pas la qualité du contenu, car paradoxalement, les singles sont parmi les meilleurs titres de Great Depression (alors qu’à l’époque, c’était plutôt l’inverse). Oui parce que « I Miss You » (coucou mère-grand là-haut) avec Faith Evans est très bon également; je me rappelle aussi du titre « When I’m Nothing », avec son sample de soul bien classe, j’avais flashé dessus, j’écoutais le mp3 en boucle.

Parce que le reste de l’album, c’est zapping… Les prods de Dame Grease (mentor de Swizz Beatz), c’est des beats d’occasion, du bas de gamme, des instrus de seconde zone et je m’arrête là. Ceux de PK aussi, ça gâche le storytelling de « Damien III » par exemple. DMX s’essaie aussi à la prod sur « Bloodline Anthem » (Bloodline c’est le nom de son autre label) et ça sonne un peu rock, pourquoi pas. A noter la présence de Just Blaze sur « I’ma Bang » mais on constate que le producteur garde ses meilleurs beats pour Roc-A-Fella (pas étonnant). Comme d’hab’, DMX lâche quelques prières qui peuvent inspirer mais surtout, ce sont pas moins de 3 hidden track (nom de Dieu) qu’il offre à son public sur la dernière piste : « The Kennel », « Problem Child » et « She’s Still Real ». C’était cool cette époque des CDs pour ça.

La qualité n’est vraiment pas tip-top mais ça a été l’album rap qui a fait le plus gros démarrage de 2001. Ouais, bien plus que Nas avec Stillmatic, Jay-Z avec Blueprint et le fantôme de 2Pac. Et platine en quelques semaines, un claquement de doigt. DMX était déjà iconique. N’empêche, Great Depression est réellement… déprimant par sa piètre qualité et l’essoufflement stylistique. Pas de quoi ébranler son énorme fanbase et sa streetcred toujours au max. L’authenticité, l’agressivité et le cœur du bonhomme suffisent à faire un carton, alors qu’il s’agissant probablement de son plus mauvais skeud.
LA NOTE : 11/20.

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