Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

IDK « F65 » @@@@


Il fallait que je parle de ce talent que j’ai découvert avant le Covid, avec mon album préféré de lui : IDK et son album F65. IDK, pour ‘i don’t know‘? Presque : Ignorantely Delivering Knowledge. Né à Londres, de parents africains (Ghana et Sierra Leone), installé dans le Maryland, ce rappeur-producteur a une forme d’éclectisme qui interpelle, collaborant à ses premières heures avec des artistes comme DMX, JID, Burna Boy ou encore Tyler the Creator.

Plutôt cantonné en marge de la trap, F65 démarre avec son très jazzy. C’est comme l’émission Questions pour un Champion, c’est l’indice en bas de l’écran qui va indiquer la teinte qu’il va peindre à plusieurs endroits de ce quatrième album avec la Warner. Un album où chaque titre est une petite découverte, une couleur différente, où les oreilles s’attardent et ont envie de revenir plus tard. Pas qu’il manque une direction artistique, ou une cohérence, c’est juste qu’il faut tout considérer dans son ensemble, sans être tenté de mettre le mode ‘lecture aléatoire’, je déconseille.

La petite chanson soulful « Mr Police », très polie au demeurant, mais dont le second degré révèle une colère froide à l’encontre des violences policières dont il en montre le reflet avec habileté. Ce délicieux sample de « I Can’t Help It » de Michael Jackson sur « Pinot Noir ». Mais il sample aussi des oeuvres très récentes, dont un extrait musical de « Rare Pleasure » de Mndsgn sur « Paperchaser ». Un peu comme un JPEGMafia, IDK sample ce qui lui plaît sans se poser de question, et cette spontanéité est très plaisante. On n’est pas au bout de nos surprises car il collabore avec l’artiste nigérian Tay Iwar sur la fusion afro « Elmina » (pour renouer avec ses racines?). Et plus surprenant encore, cette reprise réussie de « Superwoman » de Stevie Wonder en collaboration avec Musiq Soulchild. Parce qu’il chante aussi.

« Pinot Noir », un passage sur les « Champs Elysées », un regard dans une « Télé Couleur », pas étonnant qu’IDK démarré sa tournée pour F65 à Paris. Le cosmique « Rabbit Stew » met des étoiles dans la tête, avant de partir sur un beat drum-n-bass, où son flow tient le rythme sans souci. Mais la trap n’est jamais loin (« Thug Tear » feat Fat Trel, « 850 » avec Rick Da Kid). Snoop Dogg n’est pas dans le coin pour poser en featuring, mais pour raconter comment il a décidé de se marier en 93, à la femme avec laquelle il est toujours marié aujourd’hui, avant d’entamer « Still Your Man ». Beaucoup d’idées et de créativité en pur concentré, c’en est très exaltant.

LA NOTE : 16/20

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