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Gnarls Barkley « Atlanta » @@@@½


Au revoir les Goodie Mob, re-bonjour les Gnarls Barkley. Les deux vieux amis Danger Mouse et Cee-Lo Green se sont donnés rendez-vous pour une troisième et ultime oeuvre, après une très longue absence de 18 ans. Soit le temps de concevoir un enfant et le voir passer le bac, quasiment une génération s’est déroulée depuis The Odd Couple. Mais nul doute que les caractères culte et unique de cet album et surtout de St Elsewhere avec le single « Crazy » ont su démontrer que leur musique était conçue pour être atemporelle, elle nous a jamais quitté. Qu’en sera-t-il d’Atlanta, ce dernier opus? Vous connaissez l’énigmatique réponse.

Les retrouvailles avec les Gnarls Barkley se fait tout naturellement avec « Tomorrow Died Today », suivi de « I Amnesia », comme s’ils nous avaient quitté le mois passé, à travers une porte aux sonorités rock psyché fusionné avec du gospel, deux des bases de leur équation musicale. Ils ré-apparaissent comme si de rien n’était, à leur place, juste plus vieux, avec ces deux chansons tels deux être hors du temps, deux chansons dont les intitulés sont là pour associer passé, présent, futur, puis les souvenirs avec le retour au réel. Atlanta est bien concret. D’ailleurs, la basse jouée sur « I Amnesia » rappelle ces lignes composées par les Organized Noise. L’atmosphère douce et mélancolique de « Pictures » offre un regard sur la jeunesse de Cee-Lo à Atlanta en compagnie de ses parents, aujourd’hui disparus. Peut-être pour cela qu’on ressent en filigrane cette atmosphère que l’on retrouvait en fond sur Soul Food des Goodie Mob. Pour rester un peu sur la thématique hip-hop, une des autres composantes de l’ADN des Gnarls Barkley, « Boy Genius » est probablement le morceau qui correspond le plus à ce style. Chouette sampling !

Ce qu’on aime avec eux deux, c’est se laisser emmener dans leurs pérégrinations musicales et je dois avouer que le boogie de la basse du titre « Line Dance » est hautement infectieuse, autant que simple. La façon dont Cee-Lo pose dessus possède une certaine ressemblance avec « King Kunta » de Kendrick Lamar. Dans une veine fleurie et colorée typique du tandem, « Turn Your Heart Back On » réussit à redonner de l’allégresse en cette période de morosité, et je ne parle de « The Be Be King » dont le rythme est emmené par le flow rapide de Cee-Lo Green, un art dont il excelle depuis trop longtemps. Cette impression de liberté qui se dégage de son refrain (« Ha-haa I wanna be me, wild and free and something brand new ») donne un second souffle de fraîcheur dans notre âme. Les Gnarls Barkley sont tellement habiles qu’ils peuvent passer d’un remake hyper bien foutu de medley des 60s bluesy et avec de l’orgue en continue (« Let Me Be ») à de l’electro-rap rétrofuturiste saveur dirty south avec « Cyberbully (Yayo) ». Les claviers électroniques programmés rappellent des génériques un peu technologiques des modernes années 80, et la surprise vient à la d’un sample Three 6 Mafia (« Mafia N****z »), et avec les Three 6 pour de vrai, Juicy J et DJ Paul qu’on n’avait pas entendu ensemble depuis un bail. Un moment à ne pas rater.

A part « Sorry » qui ennuie avec son piano morne et classique, les oreilles sont régalées par les autres chansons « Sweet Evil » et « Perfect Time », entrecoupé de sonorités différentes après chaque phrase. Danger Mouse a fait un travail remarquable de production, une habitude chez lui, comme ajouter comme un calque aux couleurs westerns, retranscrit auditivement par ses influences des bandes-sons morriconiennes. C’est la touche personnelle chère à Danger Mouse. Puis d’autres bidules chouettes, comme ces bruitages de bobine de film de cinéma qui tourne après certains morceaux, petit pied de nez au tout digital. Ce qui est troublant est que le titre final « Accept It » ne sonne pas comme un point final, plutôt comme une note très positive, ce dont on avait besoin.

Gnarls Barkley, un come-back que l’on attendait pas, et qui fait d’autant plus plaisir que Atlanta est une réussite complète. Les années de silence nous ont comme rendu vierge de leur musique et cela provoque un effet de re-découverte salutaire, un authentique coup de coeur. Un côté « retour à la maison » qui est la thématique. Cet album répond à quelque chose qu’on ne demandait pas, et maintenant qu’il est là, il comble un espace vide par quelque chose qui profondément du bien. Je m’excuse de ne pas ravoir écrit de chroniques spéciales et imaginatives comme pour St Elsewhere et The Odd Couple, l’âge et la période ont peut-être terni mon esprit créatif, mon inspiration. J’espère avoir pu retranscrire au mieux mon ressenti. Cependant, je ne cache pas ma joie et le bonheur d’écouter Atlanta. Merci et bravo les gars.
LA NOTE : 18/20.

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