Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Mac Miller « Circles » @@@@½, « Balloonerism » @@@@


La mort de Mac Miller le 7 septembre 2018 a été un vrai choc pour moi car c’était un garçon que j’appréciais plus pour ses qualités humaines que sa disco, qui devenait meilleure au fil des œuvres. Le lendemain de la funeste annonce, le CD de Swimming – dont j’avais déjà publié la chronique – arrivait dans ma BAL… Je vous laisse imaginer le vertige que j’ai vécu à ce moment-là.

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CIRCLES (2020) @@@@½

Il fallait s’attendre à un moment ou un autre qu’un (ou des) album(s) posthume(s) de Mac Milli se profile(nt). Toutefois là, Circles, c’était presque une surprise vu le timing de la news, où l’on apprenait qu’une trilogie était prévue et que Swimming en était le 1er volet… Mélange d’amertume et d’espoir. D’habitude, quand je lis « album posthume », mon cerceau crie « MÉFIANCE », je dois pas être le seul à réagir de la sorte. On en a tellement vu des vertes et des pas mûres hein… compilations Frankeinstein, fonds de tiroirs sans mixing, choix artistiques plus que douteux et disputes sur son héritage… Alors qu’en fait avec Circles, paru début 2020, rien de tout ça.

Déjà, pour faire simple : zéro featuring. Comme ça, c’est simple : pas de « HAN il aurait jamais collaboré avec lui de son vivant patati et patata » ou de « ça fait trop compilation ». Au moins, y a pas de débat. Ensuite, qui pour produire? Une seule personne, que personne n’attendait : l’éminent compositeur Jon Brion, qui avait déjà fait des merveilles sur Swimming. Et aussi sur Late Registration de Kanye vous vous en rappelez? Le contenu de Circles : une place au chant plus prépondérante, parfois plus pop (« Everybody » a un petit air de John Lennon), de la légèreté contrastant avec les pensées engluées de noir d’un Mac Miller éternellement mélancolique.

Il y a l’aérien « I Can See » (similaire à du Neptunes new age), l’ensoleillé « Blue World », bref… un album posthume franchement éblouissant, rafraichissant et aussi original que ses autres albums. Rarement a-t-on vu une direction artistique et un esprit parfaitement respecté. Et rien que pour ça, je pense que c’est l’un, si ce n’est LE, meilleur album posthume d’un artiste de rap que j’ai pu écouter. Avec Circles, on peut faire son deuil en toute sérénité.

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BALLOONERISM @@@@ (2025)

Cinq ans jour pour jour après Circles, la Warner a sorti un autre album de Mac Miller, Balloonerism. Peut-on parler d’album posthume dans la mesure où ce sont des titres enregistrés en 2014 pour une mixtape inédite et qui ont déjà leaké pour la plupart? … <- ça sera ma réponse officielle. Là non plus, aucune critique à faire sur les prods, car c’est l’alias Larry Fisherman qui est crédité, donc Mac Miller himself, 100% crédibilité. Même Delusional Thomas est un autre de ses alter-egos.

Ce qui est dingue, c’est qu’il a réussi à embarquer la chanteuse SZA dans un trip musical bien à lui à base d’orgues (accordéons??) sur « DJ’s Chord Organ » pendant plus de cinq minutes. Et pendant près d’une heure, l’auditeur visite des vestiges d’un monde perdu qui refait surface, dont la moitié est assistée par son ami le bassiste et chanteur Thundercat (dont on sait qu’il a été très affecté par la disparition de son ami). C’est un vrai bonheur d’écouter des titres trippants comme rétrofunkturistique et léger « Friendly Hallucinations », « 5 Dollar Pony Ride », « Stoned »… Sa mélancolie très communicative qui se transmet par le biais de ses instrus maison et ses paroles (« Rick’s Piano », « Funny Papers », « Do You Have a Destination? ») nous happe dans cette bulle au sein de laquelle il nous familiarisé des années durant.

Non seulement ces travaux sont bien plus aboutis qu’on aurait pu l’imaginer, mais le sens de ses paroles, sachant qu’il n’est plus là, prennent une toute autre dimension. ‘Shit hits different’ comme disent les cainris. C’est comme découvrir une boîte à objets qu’il avait rangé quelque part dans sa chambre, des objets qui représentent tout de sa personne, avec des notes audio sous forme de raps ou chants. J’aimerai que les douze minutes du morceau final « Tomorrow Will Never Now » durent encore plus longtemps. Parce que je bloque sur le nouveau sens que prend l’intitulé de ce très long extrait qui raconte quelque chose dans cette lenteur et cette ambiance très spéciale. Très troublant.

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