J’avais fait connaissance avec MIKE par le biais de projet unique Faith Is A Rock avec Alchemist et Wiki, et hormis m’intéresser à son style, je ne m’étais pas franchement renseigné sur lui. Tout de même piqué par ma curiosité, et en suivant d’autres mutus scrutant le sang neuf, j’ai écouté attentivement son album solo Burning Desire, son 6e projet en vrai, paru au dernier trimestre 2023. Aussi parce que j’étais intrigué par cette pochette montrant un homme noir portant un masque africain et un loup-garou, ce qui suggérait un côté imaginatif et fantasque.
MIKE est basé sur la côte est des States, NYC principalement, avec une escale à Londres durant l’enfance. Mais dans les années 2020, les rappeurs new-yorkais ne font plus du rap Eastcoat comme on l’entendait dans les années 90 et 2000. Cette époque est révolue, c’est ainsi. Les formats ont évolué également. Et Burning Desire de MIKE est clairement symptomatique de ça, ce rap décomplexé, re-formaté, sans régionalité sur le plan du style de rap. Pour le style du rappeur, voix et flow, il faut voir un mélange entre Guilty Simpson et Earl Sweatshirt (qui figure d’ailleurs sur l’aérien « plz don’t cut my wings »). Les prods sont laissées principalement entre les mains de DJ Blackpower, inconnu au bataillon mais qui offre une panoplie de boucles diverses et tendance, avec une dose d’années 80 comme « Ho-Rizin », « Set The Mood », ce qui attire des mecs comme Larry June sur le laid-back « Golden Hour ». Et sans kick/drums ajoutés, tout est d’origine. Bon beatmaker !
MIKE n’a plus qu’à piocher et livrer de longs couplets sans refrain, varier le débit en fonction de la vibe (« Zombie », le soulful « Snake Charme », le côté jazzy sympa de « What U Say U Are »…), avec plusieurs titres ne dépassant pas la barre des deux minutes. Là aussi ça fait partie de ces nouveaux formats, un côté un peu zapping qui peut légitimement exaspérer (il y a d’ailleurs un titre qui s’appelle « Zap! », comme par hasard), mais qui évite de s’ennuyer et passer à un autre son tout aussi cool. L’impression d’écouter un bon rappeur poser une beat-tape. C’est un parti pris. Et à la fin, on n’a même pas envie de faire un top5 sur les 24 tracks, tout est à prendre.
Il y aura d’autres projets de MIKE qui suivront, parfois meilleurs (Pinball produit par Tony Seltzer en 2024 puis sa suite l’année suivante) et d’autres dont je parlerai certainement plus tard. Affaire à suivre !
LA NOTE : 15,5/20


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