Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Beyoncé « Renaissance » @@@@¼


Inutile de préciser que RENAISSANCE de Beyoncé a été une sortie musicale majeure de 2022. Parce que c’est Beyoncé, parce que cet album est une super-production luxuriante excellemment rythmée.

N’y allons pas par quatre chemin, la Queen Bey is back. Pour une trilogie apparemment dont Renaissance serait le premier acte. Une artiste complète, affranchie, dans la fleur de l’âge qui se voit comme plus qu’une star internationale, une « ALIEN SUPERSTAR ». Galactique en somme. Avec l’attitude hautaine et fière de reine de la scène, de la musique, avec des phrases piquantes lâchées comme pour un parfum de marque de luxe, avec un langage plus explicite. Beyoncé n’hésite plus à afficher sa facette très sensuelle et épanouie comme sur « COZY », « PLASTIC OFF THE SOFA » et bien d’autres chansons… jusqu’à ce que j’imagine Jay-Z en slip avec elle et là je grimace fort. Heureusement, d’un certain point de vue, que Jay-Z ne participe pas dessus. Non, cet album est brillamment mené par The-Dream principalement, mais aussi le jeune prodige Leven Kali (si vous n’avez pas écouté ce qu’il fait, écoutez ses albums), Stuart White, ou encore Mike Dean, No I.D., Hit-Boy et d’autres surprises comme vous allez vite découvrir dans les lignes suivantes.

Beyoncé surfe aussi avec « CUFF IT » sur le r&b léger, dansant et funky que Lizzo a remis au goût du jour, mais en allant à l’étape supérieure en faisant appel à Raphael Saadiq pour la composition, Nile Rogers à la guitare (c’était reconnaissable entre mille) et aux percussions, madame Sheila E (une vieille amie de Prince). L’album étant équipé de supers enchainements, comme si un DJ l’avait mixé, Beyoncé swingue avec les genres musicaux en passant facilement à de l’afro beat aussi (« HEATED » avec l’artiste jamaïcain Beam), invitant aussi l’artiste nigériane Tems et l’iconique Grace Jones sur « MOVE ».

Mais le gros sujet de RENAISSANCE a été la réhabilitation assumée de la house music par le biais de l’incroyable single « BREAK MY SOUL » qui nous ramène au début des années 90, avec un message politique en sous-texte. Idem pour « SUMMER RENAISSANCE », avec un clin d’oeil à la reine mère Diana Ross. Mais « AMERICA HAS A PROBLEM » va plus loin avec sa texture électro bien 80s. A la question de savoir si Beyoncé a remis à la mode la house? Non, je ne crois pas, du tout. Juste un sacré coup de projecteur. Il faut remonter au moins à l’EP 1991 d’Azealia Banks en 2012 pour se rendre compte que la musique house ressortait de l’anonymat depuis un long moment. Il n’y a donc pas de débat, ni de prise de tête non plus avec « THIQUE » et « PURE/HONEY » qui revire dans une diablerie funky en seconde partie, avec Rayray Saadiq à la co-production.

Le plaisir que j’ai eu à écouter RENAISSANCE est réel. Sur « PLASTIC OFF THE SOFA » j’y ai même retrouvé le côté doux et soulful de « Can’t Help It » de Michael Jackson et Stevie Wonder d’une certaine manière, sauf que ce sont les artistes californiens Leven Kali et Syd (The Internet) aux commandes. Beaucoup apprécié aussi le clin d’oeil appuyé à la culture bounce sur « CHURCH GIRL ». Comme Diana Ross, décidément, Beyoncé vit son grand moment disco glamour sur « VIRGO’S GROOVE » (dont je rêve en secret d’une version encore plus longue que les six minutes proposées ici).

J’ai du mal à le croire, que j’adore RENAISSANCE autant, si ce n’est plus, que Dangerously in Love. Pour le féminisme et pour la culture, et la reconnaissance (plus que la renaissance) de la house, avec des rythmes pour danser, faire de super soirées et évidemment faire des chorés. Ce dont j’ai eu aussi du mal à croire, c’est qu’il aura fallu qu’elle fasse pour Cowboy Carter un album de country, genre apprécié des Blancs, pour être victorieuse aux Grammy dans la catégorie album de l’année.

LA NOTE : 17/20.

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