Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Czarface & MF DOOM « Super What? », CZARFACE « Czar Noir », « Good Guys, Bad Guys » @@@¾


L’incrédulité a été mon premier réflexe lorsque j’ai eu la surprise de voir que Super What? de Czarface figurait MF Doom pour la seconde fois. Parce que ce second album collaboratif entre les deux entités inspirés des Comics est sorti en 2021, quelques mois après la disparition de Daniele Dumile. Il s’agirait presque d’un album à moitié posthume, mais soyons heureux qu’il ne fut pas avorté, comme pas mal de projets du MC anglais au masque de fer.

Si cet épisode cross-over n’avait pas vu le jour, cela aurait été une grande injustice quand on connaît l’histoire entremêlée de MF Doom et le Wu-Tang, représenté ici par la personne d’Inspectah Deck. Une histoire qui a débuté avec le projet Wu-Tang Meets The Indie Culture en 2025 (« Biochemical Equation ») et ensuite avec Ghostface Killah qui a réuni le Wu sur l’instru de « 9 Milli » signé des mains de Metal Fingerz. Leur album Czarface Meets Metal Face sorti en 2018 a même réalisé une percée inespérée dans le Billboard 200 ! Dans la seconde moitié, mais quand même ! Pour l’anecdote, Inspectah avait d’abord dans l’idée d’en faire un Czarface vs MF Doom, qui préférait faire équipe. Alors même si Super What? ne dure que 26 minutes, profitons de ces morceaux déclassifiés.

Trois MCs (en comptant Esoteric ne l’oublions pas), des prods signés les Czar-Keys (7L et Todd Spadafore), avec qui on ajoute DMC, oui, DMC des Run-DMC, sur « The King and Eye » en ouverture. L’association avec DOOM et son univers cartoonesque fait de nouveau son petit effet. Ce petit album multiplie les références, en particulier à Charles Darwin, Star Wars ou la mythologique grecque sur le très bon « Jason & Czargonauts », qui invite Del The Funky Homosapiens, ce personnage génial qui se confond naturellement avec l’esthétique de Czarface. Le jazzy-cool « Break in the Action » est un autre de ces moments forts où il faut profiter la voix et rimes de MF DOOM.

En effet, on pourra regretter des passages sans lui comme le morceau important « Young World » où seuls officient INS et Eso. « A Name To The Face » aussi, bien que le concept, façon bande annonce publicitaire où l’on se questionne sur le nom de Czarface, est sympathique. Ce n’était pas facile de digérer sa disparition.

Quelques semaines plus tard, Czarface revenait en noir pour un court épisode instrumental. Quatorze instrus pour être exact, et qui nous en font voir de toutes les couleurs avec ce mélange de boom-bap et d’influences synthe-wave qui donnerait presque des flashs roses fluo. Je crois que, si je ne me trompe pas, il s’agit de leur premier essai instrumental et une chose est sûre, ils ne manquent pas d’idées bizarroïdes. Il y a toujours un côté un tantinet pop-art et assurément rétro chez Czarface qui est très appréciable. Certains passage électro peuvent aussi évoquer de loin la BO du film Tron. « She Could Use Another Friend » fait carrément penser aux mondes aquatiques de Super Mario Bros 3 sur la vieille Nintendo… En tout cas, cela ressemble tout de même à la bande-son d’un court-métrage imaginaire de notre anti-héros. Pour info, la figurine de Czar Noir existe… Avis aux rap geeks.

Enfin, pour finir en beauté cette année 2021 dont le COVID n’a pas contrecarré les plans diaboliques des créateurs de Czarface, hormis d’emporter MF Doom, cet EP Good Guys Bad Guys. Sur l’artwork, on peut reconnaître Carnage et Venom, les ennemis de Spiderman. Et en featuring, par deux fois, le nom de Frankie Pullitzer… qui n’est autre que l’acteur Tom Hardy, qui a joué Venom. A priori c’est confirmé, c’est bien l’acteur anglais dont il s’agit sous cet alias longtemps resté secret. Si ça ne vous en bouche pas un coin, surtout qu’il kicke bien le bougre, comme la ceinture noire d’art martial qu’il est.

Ce 9-titres contient deux remixes, dont celui de « Young World », dans une version plus accessible, et de « Beat-boxing » dont on préfère évidemment cette ‘Park’ version avec du vrai beat-box. Autant on a pu devenir coutumier des étrangetés de Czarface contées à travers Esoteric et Inspectah Deck et les instrus de 7L et de la créativité sans faille de 7L, ils arrivent à nous surprendre de plein d’autres manières. Voilà une année 2021 qui fut moins anecdotique que leurs 2 projets de 2019…

Et big up aux illustrateurs !

Postez vos avis!

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.