Si je ne m’abuse, il aura fallu attendre Janvier 2021 pour que Madlib sorte son premier projet solo sous le nom de ‘Madlib’… Pour assimiler cette information, il suffit de procéder par élimination. En plus de soustraire d’entrée la pléthore de projets collaboratifs, il faut décompter ses albums instrumentaux avec son alias Beat Konducta et Loop Digga, également King of the Wigflip sorti chez BBE Records étiquetté ‘Madlib The Beat Konducta’, les mixtapes de sa série Medicine Show, les albums de son alter-ego Quasimoto… On en arrive au fait que Sound Ancestors est le premier album portant le nom de Madlib, en lettres minuscules pour la précision.
Sorti sur sa structure indé Madlib Invazion, qui est pratiquement l’équivalent d’une micro-entreprise, Sound Ancestors n’a pourtant rien de si exceptionnel pour une livraison de notre influent producteur phare d’Oxnard. C’est du Madlib pur jus. Le concept assez subtil tient du producteur exécutif, Kieren Hebden, qui a souhaité concaténer des nouveaux beats de Madlib comme des pièces qui s’assemblent, parmi une centaine produite (tout de même). Deux choses ressortent de cette expérience d’une quarantaine de minutes. Premièrement, la clarté du son. Etant habitués à du sample sans filtre, avec ce grain typique ou la poussière frotte sur le diamant de la tourne-disque, c’est assez étrange d’entendre des prods de Madlib qui sonnent presque propres, ‘nettoyées’. La seconde est que l’éventail de sonorités est très divers, mais il représente parfaitement les styles de musique de prédilection de Madlib, en passant par le jazz, la musique latine et africaine.
Sound Ancestors est pour ainsi dire un tour d’horizon en 15 pistes des origines sonores des samples de Madlib, de la base de sa musique, le titre en est la métaphore. La musique vient d’ailleurs mais la cohérence de ce projet est tenue par le dénominateur commun qu’est son auteur. Tout ce qu’on entend ici est ce qu’il y a dans la tête de Madlib et ce qu’il nous a transmis à travers sa gigantesque discographie. Naturellement, les plus hip-hopeux d’entre nous auront les oreilles qui se tendent sur les beats de « Hang Out (Phone Off) », « Dirtknock » et « Two for 2 – For Dilla » pour l’immanquable hommage à James Yancey. Le magnifique sample de The Ethnics utilisé sur « Road of the Lonely Ones » se suffit à lui-même.
Il y a une dernier chose à dire, sur la pochette de l’album. La photo d’une remarquable sobriété représente la place de grains blancs placés sur une surface noire qui a vibré au son de la musique et dont le déplacement à donné ces formes. J’ai pu m’acheter une édition limitée du vinyle, avec ce grain en relief qui donne une sensation de texture sablée au toucher et phosphorescent ! La vinyle à l’intérieur est translucide couleur vert forêt de pins.
LA NOTE : 15/20.


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