Aesop Rock & TOBACCO are « Malibu Ken » @@@@


Aussi incroyable que cela puisse paraître, on parle pas mal d’Aesop Rock en ce moment dans l’actualité rap. D’après une petite étude statistique, le rappeur abstrait et ancienne figure du défunt label Def Jux possède le vocabulaire le plus riche, et de très loin, puisque après épluchage de ses lyrics ont été décomptés 7392 mots différents. Hasard du calendrier, Aesop sort un nouveau projet, un nouveau groupe même, Malibu Ken, en compagnie de TOBACCO, a/k/a Black Moth Super Rainbow, chez la compagnie Rhymesayers.

Malibu Ken, une certaine idée du visage américain en cette fin de décennie. Cette rencontre entre les deux hommes offre une plongée dans l’absurdité du monde contemporain à travers cet OVNI electro-hop. Les productions sont étranges et belles à la fois, anachroniques parce qu’à base d’éléments analogiques, synthétiseurs et autres machines qui ont plus de trente cinq ans. C’est toujours fascinant de voir à quel point cela peut mener à des sonorités déroutantes et pourtant familières, parfois symphoniques. L’usage de voix robotisée est d’ailleurs assez semblables à celui des Daft Punk, justement parce que la musique de Tobacco partage les mêmes gènes que nos cyborgs français, pas que eux d’ailleurs. Mais en plus hip-hop dans l’esprit.

De son côté, Aesop Rock connaît bien son métier, peindre avec des mots, avec pour pinceau son stylo. Avec son flow off-beat, on n’a d’oreilles que pour son déluge de mots qui virevoltent et qui s’assemblent en des images complexes où même les mathématiques font désordre. À cet instant précis, on prie pour que ses textes soient un minimum décortiqués et expliqués sur genius parce que c’est bien joli de faire de l’art avec des mots mais ça n’est pas toujours accessible même si les syllabes sonnent clairement. Il n’est pas nécessaire à mon avis de s’arrêter sur tel ou tel titre en particulier, le tout forme un ensemble très cohérent, comme un long enchaînement chapitré.

Étrange, mais jamais aussi moche que la sale tronche du personnage, Malibu Ken est ce qu’il est, une curiosité. Cela plaira un peu, beaucoup, ou pas du tout, en fonction des sensibilités de chacun, comme n’importe quelle pièce confectionnée avec naturel et une volonté de surprendre sans calculer le résultat. Avec Tobacco, Aesop Rock délaisse sa casquette de producteur pour repousser les frontières de sa musique.

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