Illa J « John Yancey » @@@¾


Dans la famille Yancey, je voudrai le cadet John. Dix ans et vingt-six jours après ses timides débuts avec Yancey Boys, qui bénéficiait d’instrumentaux unreleased légués par feu son grand frère J Dilla, on peut dire que Illa J a invariablement bien évolué en tant qu’homme et en tant qu’artiste. Mais ses albums sont-ils mieux? C’est ce à quoi John Yancey, son quatrième album solo, va tenter de nous répondre.

Après Home, John Yancey est le second album d’Illa J paru chez Jakarta Records et produit par Calvin Valentine. Calvin est un jeune producteur originaire de l’Oregon et signé chez Mello Music Group, où il a sorti son dernier album Plush Seats, et a travaillé avec pas mal de grands noms du rap comme De La Soul, Nas et même Juicy J. Pas que rap, il est visiblement très à l’aise dans le registre r&b, ce qui sied à l’ambivalence rap/chant de Illa J. En soi, John Yancey est un album de Soul Hop très Detroit dans l’âme, et très personnel comme à l’accoutumée. Impossible de ne pas penser au grand frère Dilla, surtout « James Said » qui lui rend hommage et reprend « Would Do » en slo-mo en outro. De même que « Enjoy The Ride » qui rappelle un tout petit peu l’instru de « Let’s Ride » pour Q-Tip. Mais jamais Illa J ne trébuche en essayant de s’assoir sur la mémoire de James Yancey, il prend pas mal de recul, ça va tout de même faire bientôt treize que J Dilla nous a quitté.

Au fil des titres, on réalise que Illa J est devenu plus sûr de lui, tout en étant seul, sans un proche pour l’épauler pour un featuring. Il ne compte plus que sur sa propre valeur, ce qui est tout à son honneur. Pareil pour ce parti-pris d’apporter une touche très eighties à cet album, que ce soit sur « Sunday« , « Find One » et « 12 AM« . John Yancey contient son lot de petites perles, que ce soit « Weather Report« , le funky « On The Side » ou bien le single soulful « Tokyo« , sans pour autant déclencher un énorme coup de coeur comme par le passé. L’album se conclut logiquement par « 32 », un nombre qui n’est pas un code, il s’agit simplement de son âge. Ce qui permet plus encore à l’auditeur de réaliser le parcours de John depuis dix ans maintenant.

Déjà avec Illa J LP, le rappeur avait d’une belle manière pris son destin en main avec le travail conjoint des Potatohead People, ensuite avec Home qui fut une autre aventure avec une autre structure et un autre producteur. Sur cet album qui porte son nom, John montre qu’il a su se défaire quasi totalement de l’ombre imposante de son frère en suivant sa propre route, de cet illustre aîné qui lui a pavé le chemin à ses débuts en 2008 depuis l’au-délà. C’est une bien étrange connexion que les garçons Yancey ont quand on y pense. Fin 2018, John Yancey, la personne, a définitivement atteint le stade adulte de sa carrière; John Yancey, l’album, comporte des choix d’instrumentaux encore incertains, un style incohérent et quelques inconsistances. Même si Illa J est en perpétuelle quête de recherche, son futur n’en reste pas moins lumineux.

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