deM atlaS « Bad Actress » @@@@


Les supporters de Rhymesayers étaient au courant que deM atlaS était le futur nom à suivre. Accompagnant ponctuellement les albums du label depuis 2013 environ, que ce soit Atmosphere ou Brother Ali, cet artiste provenant d’un bled du Minnesota a aujourd’hui droit à son heure avec Bad Actress, un premier album en solo entièrement produit par Ant à cheval entre rap et rock unique en son genre. À découvrir donc pour ceux qui aiment bifurquer dans d’autres directions sans frilosité.

Les idées pré-conçues sur le mélange rap et rock que l’on traine avec nous ont parfois la vie dure, surtout si on reste ancré sur les expériences des Beastie Boys (plus que jamais des références), Limp Bizkit (OK mais c’est limite) et d’autres arrangements douteux comme le Collision Course de Jay-Z et Linkin Park (beurk). Ceux qui pensent à tort qu’il s’agit d’une association contre-nature oublient forcément les antécédents qui ont eu lieu dans les années 80 (pas que les Beastie), ou des exemples plus récents comme Travie McCoy un peu, P.O.S. (de chez Rhymesayers tiens), Kid Cudi (WZRD) et Raury. La génération actuelle et celle qui chevauchait avant ont pu digérer toutes les variétés de rock des années 90 et 2000, il y a dedans un très bon terreau, avec des groupes et artistes qui ont pu influencer la musique rap de maintenant. Jouer sur les deux tableaux rap et rock est plus facile lorsqu’on a été chanteur de rock dans un passé très proche, comme c’est le cas de deM atlaS.

Comme on pourra s’en rendre compte, non seulement ce gars est doué pour le chant et le rap, ce qui est attendu quand on veut hybrider les deux genres, mais il permet de voir à quel point Ant s’est surpassé à la production. La moitié cachée d’Atmosphere est particulièrement très inspiré pour ces quinze chansons bigrement modernes, afin de répondre aux multiples influences de deM atlaS. Honnêtement il n’a jamais été autant au top depuiiiiiiis… longtemps, à mon humble avis. Les deux artistes font peser la balance tantôt vers le rock, notamment en début d’album sur les quatre premiers titres, afin de pencher du côté du rap avec un soupçon de soul sur « Bad Loves Company« . Ça diverge doucement vers la pop/folk (« Pneunomia« ), le blues (« Music Man« ), Bad Actress a décidément plein de raisons de plaire même à quelques réfractaires. On décèle des influences de Radiohead sur « Ronnie » et « Burn Out« , avec ce chant dépressif qui rappelle Thom Yorke. Parce que deM atlaS est très sujet aux troubles psychologiques, le sujet sensible du moment dans le rap. Aussi, « Born Yesterday » rejoue un sample déjà utilisé Mobb Deep (« Where Ya Heart At« ) et la conclusion « Gotta Get Ova » semble un poil inspirée de ce qui s’était produit sur Fly or Die des N.E.R.D.

Après, la question du goût personnel et de l’humeur au sujet de cet opus aux ingrédients complets vient vite arbitrer la question du « stop » ou « encore ». Néanmoins qu’on accroche peu ou pas totalement à Bad Actress de deM atlaS ne doit pas retirer les indéniables qualités de cet album. Du très beau travail et d’autres frontières qui disparaissent.

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