Diamond District « March on Washington » @@@@


In the ruff des Diamond District a été indéniablement – pour moi et d’autres – l’album hip-hop indé de 2009. Ce ‘nouveau classique’ a permis trois choses :  d’exposer les multiples talents du rappeur/producteur Oddisee (que certains connaissaient déjà) et de ses acolytes yU et Uptown X.O., de poinçonner Washington District sur la carte du rap (autrement qu’avec le go-go et Wale qui a migré vers le Sud) et de lancer pour de bon le label Mello Music Group.

Cinq ans plus tard le triangle de rappeurs revient trianguler les rues de la capitale américaine. Comme Martin Luther King un demi-siècle auparavant.

Il ne fallait pas en rester avec ce fabuleux coup d’éclat qu’était In the ruff, il fallait une suite, une de ces suites maudites. Cette fameuse malédiction du « premier album qui a marqué les esprits », où l’on sait d’avance qu’il sera quasi impossible de faire mieux la seconde fois. Les choses deviennent alors compliquées, ce qui justifie le temps qu’il a fallu avant d’écouter March On Washington, afin de prendre du recul dans la conception du second album, se sentir prêt et espacer le temps depuis le vibrant souvenir du premier.

« March On » fait la filiation directe avec le premier album en reprenant des éléments caractéristiques d’In The Ruff (on n’arrête pas d’en parler décidément) avec ces caisses et ces orgues qui sonnent comme des échos pas si lointains. Puis démarrent les choses sérieuses avec le single « First Step« , et nous en tant qu’auditeurs les suivons par leurs textes d’Oddisee, yU et Uptown X.O. que l’on identifie par leur flows et leurs voix respectives. Le rap des Diamond District est un acte citoyen.

L’évolution majeure de March On Washington se situe au niveau des productions d’Oddisee, qui n’hésite plus à jouer du clavier ou apporter des instrumentations live. Le son est moins brut, comme si on est passé de l’underground à la surface, leur musique est devenue aussi polie et brillante que le diamant. Fort heureusement avec toujours de très très beaux samples soulful (« These Bammas« ), le piano de « Apart of it all » ou ces flûtes et violons échantillonnés sur « You Had To Be There« . Point d’orgue, « It Ain’t Over » avec cette phrase « baby let’s get down tonight » de Marvin Gaye qui tourne en boucle pendant trois minutes savoureuses.

Lyricalement parlant, nos neurones se concentrent sur « Purveyors of Truth« , « Working Weekends » (avec ses bruitages amusants) et « Lost Cause » car c’est également pour l’aspect social qu’on écoute les Diamond District. Cependant c’est avec une pointe de déception que je ne lui décerne que ce solide 4/5. Le groupe progresse dans le bon sens mais n’a pas su totalement allier la force de leurs messages avec celle de leurs prods, plus belles c’est sûr mais moins percutantes. Qu’on se rassure, ce petit bémol ne remet pas du tout en cause l’excellente qualité de cet opus qui terrasse la majorité des sorties de 2014.

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