Sly Johnson « 74 » @@@@


L’autre jour j’écoutais Jazz FM et un titre qui s’appelle « I’m Callin You » passait, l’animateur indiquait qu’il s’agissait de Sly Johnson. J’ai été immédiatement séduit par cette caresse de soul music, pensant que ce fameux Sly Johnson était la nouvelle découverte en matière de soul anglophone, il a une très belle voix, un bon timbre. Ce n’est qu’après que j’ai tilté en discutant avec Wadji. Sly Johnson a une ancienne identité : Sly the Mic Buddah du Saïan Supa Crew. Nom de Zeus !!! Quel talent il nous cachait là, j’en reste encore scotché ! Et je vous assure qu’avec 74, son premier album, la musique Soul made in France peut être fière.

Je n’en reviens toujours pas de voir à quel point Sly a développé sa voix, et quelle voix, quel grain ! Depuis la séparation du SSC, il est vrai qu’il a entrepris une toute autre direction et travaillé avec de nombreux artistes hors-HH comme Eric Truffaz. D’ailleurs sur 74, les collaborations sont internationales désormais, à commencer avec les MCs de Slum Village sur « Slaave 2 ». Le niveau d’interprétation de Sly Johnson et la production équivalent bien à ce qui se fait généralement dans la Nusoul, c’est remarquable. La barrière de la langue est enjambée avec aisance mais il n’y a pas que ça, la scène française n’est plus cloîtrée dans sa propre adaptation musicale. La raison paraît évidente lorsqu’on apprend que Larry Gold, qui a vu toute la scène nusoul de Philadelphie passer, a participé à 74.

Parmi les comparaisons que l’on peut faire avec les homologues américains, mon oreille me dirait Bilal et Amp Fiddler, pour le côté hétéroclite et le groove de sa musique. Sly varie les plaisirs, il met une bonne dose de rock/soul pour apporter de la sensualité à des titres comme « Hey Mama » et « Sexy », une atmosphère jazzy pour emmitoufler de velours « you’re a STAR », du funk moderne sur « Don’t Justify Yourself » et même de la soul vocale sur « I.S.A.R. », magnifique, tout comme « Goodbye Tomorrow » où les murmures se fondent dans les violons.

Et cette reprise de « Everybody’s gotta learn sometimes »… une réussite.

74 est par-dessus tout une oeuvre sincère, il suffit de voir combien Sly Johnson met toute son âme dans son interprétation, quand il ne joue pas les charmeurs. Le dernier titre de l’album qui renvoie à sa date de naissance est le seul morceau en français, un morceau de Slam très introspectif.

Il y a dix ans, le SSC était perçu comme un vivier de talents, bien qu’injustement considérés comme à part dans le hip-hop. Aujourd’hui c’est toujours le cas, les aventures en solo de Leeroy, Féfé et maintenant Sly en sont des preuves éclatantes. Franchement quel album, sérieux ! quand on connaît le background du type. Du coup quand j’entends par ci par là que Ben l’Oncle Soul est la révélation Soul française, plus maintenant ! Mister Johnson vient de lui griller la politesse en beauté.

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Ja dit :

    une ptite chronique du lil wayne ?? :)

    J'aime

Postez vos avis!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.