General Steele (of Smif-N-Wessun) presents « AmeriKKKa’s Nightmare 2 : Children of War » @@@@


L’an dernier, en pleine crise, Steele des Smif-N-Wessun est passé au grade de général. Aussi il est devenu auto-entrepreneur en fondant sa structure Bucktown USA, en licence chez Duck Down Records, sur laquelle il a sorti son premier album-compilation Welcome To Bucktown, très typé blaxploitation et qui traitait de la vie et la violence dans les ghettos. Les mois passent et malgré les promesses de changement soufflés par l’élection de Barack Obama, il y a quelque chose qui cloche avec le gouvernement US. General Steele s’en va-t-en guerre avec le suite de AmeriKKKa’s Nightmare, Children of War, un album chargé en missiles socio-politiques.

Avec un Président américain métis (tout le monde dit Noir je sais bien), on s’était dit que les choses iraient mieux dans le futur aux States et dans le monde mais ce n’est pas aussi simple que prévu. On s’était dit que maintenant qu’il y a un afro-américain à la Maison Blanche, le Hip-Hop avait rempli une part de sa mission. Moi-même j’y croyais dur comme fer que l’avenir serait plus radieux et que cet état d’esprit rejaillirait dans la musique rap. Pourtant, Children of War est un album rap aux discours engagés et revendicateurs comme le furent ceux des Public Enemy et les dead prez. Il y a certainement un truc qui doit pas tourner rond pour en arriver là. Analysons l’intitulé : choquante mais pas provocante à première vue, le KKK faisant référence Ku-Klux Klan, et ‘les enfants de guerre’, cette jeunesse qui va devoir vivre avec les erreurs léguées par les anciens dirigeants du monde (réchauffement climatique, banalisation de la violence, crise économique…).

Mentalité guerrière et bon patriote (il prête serment sur « I Pledge Allegience »), le général Steele part en mission pour délivrer des messages forts aussi bien aux adultes qu’aux jeunes. Il ne reste pas dans l’inaction en relatant simplement les faits, la réalité des choses, le rappeur cherche à impulser un mouvement de masse. Sur des beats martiaux et instrumentaux à tonalité rock, il s’emploie sans brutalité à rétablir la discipline dans les rangs et sensibiliser les auditeurs sur ce qui ne fonctionne plus dans l’éducation, sur les guerres au Moyen-Orient au nom de la bannière étoilée et dont on ne voit pas la fin (« Patriot Games »), et sur un système qui, en période de crise, maintient davantage les gens défavorisés dans la pauvreté. Et ce ne sont pas les dead prez qui vont dire le contraire (« Cry Freedom »). Mais la question principale est: quel monde laisser à la jeunesse (« Child of War » et « Tomorrow’s Children » feat Flood Diesel). Tout n’est pas rose dans les ghettos et les écoles ce n’est pas High School Musical tous les jours. Pour cela tous les moyens sont bons pour interpeller les politiciens qui vérolent le gouvernement américain, comme porter un discours intelligent sur « State of the Union », soulever la populace (« Rebellion ») et triturer l’hymne américain à la guitare électrique sur « Home of the Brave ». Quand les lyrics se veulent moins offensifs, on est happé par la mélancolie des violons de « I Had a Vision » et « Tomorrow’s Children », entre espoir et désespoir.

Children of War s’achève comme il a commencé, avec la suite du morceau du boucher « AmeriKKKa’s Nightmare ». Si sur le morceau d’ouverture le General Steele menait son opération en solo, c’est avec une armée entière qu’il assène le coup final : Ruste Juxx, Torae, Planet Asia, Hakeem Green of Channel Live, Top Dog of Boot Camp Clik, Shabaam Sahdeeq, Louis Skaggs, Saint Laz of Pottersfield, Lin Que et Sphinx & Rush of Arabian Knights. C’est ce qui s’appelle employer les grands moyens mais s’il faut en arriver là pour créer une prise de conscience… Un album tourné vers l’avenir qui fait réfléchir.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Crazy Horus dit :

    Autant Welcome to Bucktown était un bon opus, avec un concept intéressant qui consistait à revisiter la B.O de J.Pate, là j’ai trouvé ça clairement mauvais.

    En dehors du message politique, tout ce qui touche aux productions paraît ici trop simpliste. La thématique militaire est maladroitement abordée (les titres sont gavés de tambours martiaux jusqu’à plus soif), la fusion rock est imbuvable (« Child of War », est risible), et certains titres comme « Cry Freedom » reposent sur des samples trop faciles (BO d’Ennio Morricone). Parfois on croit tenir un bon truc mais qui s’avère redondant et barbant à l’image de « I Had A Vision » sorte de mauvais Killarmy. D’ailleurs en parlant de Killarmy, ceux-ci étaient beaucoup plus convaincants dans leur manière d’aborder la thématique guerrière.

    Grosse déception, je ne m’attendais pas à un truc aussi raté.
    ma note @@ = un missile mouillé

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