Il fallait réagir très vite à la déconvenue The Movement, l’album de la ‘reformation’ des Diggin In The Crates survenue en 2008 sans Big L, sans Big Pun (sans couplets posthumes pour ainsi dire), ni Fat Joe (il vient de signer l’arrêt de mort de sa carrière). Au chapitre des retours manqués, il y a eu aussi l’anecdotique Huge Hefner Chronicles de Diamond D. Ce crew underground new-yorkais le plus en vue à la fin des années 90 n’est plus ‘big’, n’est plus ‘fat’ aujourd’hui, soit, mais il reste ‘giant’ avec Andre, OC, technique avec Lord Finesse et dans le biz avec Show. La réponse ne s’est pas faite attendre. Oasis (Nature Sounds) est la preuve vivante que les membres restants du D.I.T.C. & co ont encore de très bons restes.
Le DJ/producteur Statik Selektah a la lourde responsabilité de lancer cet album, un démarrage en cote réussi avec succès pour « Oasis ». OC et AG n’ont pas perdu du poil de la bête au mic, bien sûr avec l’âge ils sont moins percutant mais leur complicité et complémentarité est exemplaire. D’ailleurs le sous-titre de cet LP est bien Together Brothers. Les seize morceaux suivants sont produits majoritairement par E-Blaze, ainsi que Show et Lord Finesse, pas tant à l’ancienne que ça contrairement à ce que l’on croit. « Keep It Goin » et « Give It Back » impriment le rythme de croisière de cette collaboration sulfureuse, avec de vrais sons streets et des propos que personne n’oserait remettre en cause comme c’est le cas pour « Everyday Life », « Contagious » pour ses métaphores incroyables et « Reality Is », plus terre-à-terre, pour ne pas dire bitume-à-bitume, ou brique-à-brique…
Parce que cet album publié chez D.I.T.C. Records n’est pas présenté comme un LP du D.I.T.C. en tant que tel, on n’a pas ce réflexe de comparer avec leurs classiques introuvables (à moins de vider son livret A). « Supreme Squad », « Alpha », « God’s Gift » et « Get Away » (feat Mirror Image) sont les highlights de Oasis, des tracks qui réveillent en nous le passionné de hip-hop anesthésié par tous les faux-rappeurs qui pullulent dans le rap game. OC & AG donnent de très bonnes leçons de emceeing et les instrus nous font bouger la tête systématiquement. On notera au passage les scratches de DJ Premier sur « Two For The Money », un plus qui fait la différence sur ce beat hip-hop typiquement new-yorkais. Pour tout vous dire, Oasis est un album hip-hop solide et homogène, le taf d’une équipe unie qui malgré les pertes et les désertions protége fièrement le flambeau d’un crew mythique.

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